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Bulletin Quotidien Europe N° 10416
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/eurogroupe

Grèce, piqûre de rappel des marchés financiers

Bruxelles, 11/07/2011 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro se sont réunis, lundi 11 juillet, pour poursuivre les discussions relatives à la participation du secteur privé au deuxième plan de sauvetage financier de la Grèce, dont l'ampleur devrait être équivalente au premier, soit 110 milliards d'euros. Alors que des décisions dans ce domaine n'étaient plus attendues avant septembre, l'évolution récente des marchés financiers a rappelé aux ministres l'urgence de la situation. Avec des coûts de refinancement de la dette publique espagnole et italienne qui battent de nouveaux records, les craintes d'une contagion de la crise de la dette souveraine à d'autres pays sont suffisamment vives pour avoir provoqué une réunion d'urgence, lundi 11 juillet, des présidents du Conseil européen, de la Commission européenne, de la BCE et de l'Eurogroupe. Et généré plusieurs appels à une prise de décision rapide.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé, lundi 11 juillet, qu'Athènes avait besoin d'un nouveau plan d'aide « à très très courte échéance ». « Certainement, nous devons avancer le plus rapidement possible afin de s'assurer que ce programme d'aide soit mis sur pied dès que possible », lui a fait écho le président en exercice du Conseil ÉCOFIN Jacek Rostowski. Face à la controverse qu'a suscitée la requête polonaise, il a finalement renoncé à participer à l'Eurogroupe. « On doit pouvoir avancer en juillet, si possible aujourd'hui, sur l'orientation du nouveau plan » à la Grèce, a déclaré le ministre belge des Finances Didier Reynders, à son arrivée à la réunion de l'Eurogroupe. Selon lui, « si on attend trop longtemps, on risque de mettre en péril le principe même de la participation » du secteur privé aux coûts du deuxième plan d'aide à la Grèce. Son homologue allemand Wolfgang Schäuble a estimé quant à lui que les ministres allaient, « rapidement, mais sans précipitation indue », négocier un nouveau programme pour la Grèce.

Implication du secteur privé. « Je suis prêt à participer à une discussion constructive et substantielle sur la participation du secteur privé parce que nous avons besoin aujourd'hui de lancer un message très ferme et très clair en faveur de la Grèce, de l'Eurozone et au-delà », a déclaré le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos, à son arrivée à Bruxelles. Les discussions ministérielles demeurent focalisées sur les modalités de participation du secteur privé dans le second programme grec. À la base des travaux, la déclaration des ministres avalisée par le Conseil européen: l'implication du secteur privé prendra la forme d'un refinancement volontaire et informel de la dette grecque qui arrive à maturité (principe du 'roll over'), tout en évitant le défaut du pays. Elle est censée rapporter jusqu'à 30 milliards d'euros, diminuant d'autant la prise en charge des créanciers institutionnels d'Athènes. Plusieurs ministres ont insisté lundi sur le caractère 'volontaire' de l'implication des banques, des assurances et des fonds d'investissement. Même le Néerlandais Jan Kees de Jager qui avait un temps jugé « irréaliste » une telle participation: « Nous travaillons sur la base d'une participation volontaire du secteur privé mais celle-ci doit être substantielle. C'est notre engagement et notre parlement aussi le demande ».

Trois options sont sur la table. Les banques françaises suggèrent qu'une partie des titres de dette grecque arrivant à échéance d'ici 2014 soient réinvestis dans des titres à maturité longue (30 ans). Mais l'agence de rating Standard & Poor's a prévenu que cette modalité entraînerait quand même un défaut de la Grèce. Favorable à une participation 'substantielle' du secteur privé, l'Allemagne a remis sur la table sa proposition de rééchelonner la dette grecque à travers une prolongation de sept ans de la maturité des titres. Mais la BCE n'en veut pas. Réuni au sein de l'Institut international de la Finance (IIF), le lobby bancaire évoque la possibilité de recourir à des techniques de rachat de dette ('debt buy back techniques').

Italie. L'Allemagne a soutenu les efforts de l'Italie qui tente d'adopter des mesures d'austérité estimées à 40 milliards d'euros d'ici 2014 malgré les tensions générées au sein même du gouvernement (voir autre nouvelle). L'Italie doit envoyer « un signal important qui est l'adoption d'un budget répondant à des exigences d'économies et de consolidation », a fait savoir Mme Merkel. « L'Italie est en train de prendre des décisions budgétaires difficiles, mais le projet présenté par le ministre des Finances est très convaincant », a dit M. Schäuble, qui n'a « aucun doute » sur le fait que l'Italie prendra les décisions adéquates.

ESM. Les pays de la zone euro ont signé, lundi, le traité intergouvernemental instituant le Mécanisme européen de stabilité (ESM) financière qui remplacera, mi-2013, l'actuelle Facilité EFSF mobilisée pour soutenir l'Irlande et le Portugal. Doté d'une capacité effective de prêt de 500 milliards d'euros, l'ESM sera habilité à intervenir sur le marché primaire pour racheter des titres de dette de pays de l'Eurozone en difficulté, moyennant des conditions très strictes pour les pays concernés. Placé au même niveau que les investisseurs privés, il ne bénéficiera toutefois pas d'un statut privilégié pour le remboursement des prêts octroyés. « En dépit des avantages, la participation à l'union monétaire implique certaines obligations. Nous avons le devoir de gérer collectivement et solidairement la monnaie unique. La mise en place de l'ESM dénote cette volonté », a déclaré président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker. (M.B.)

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