Bruxelles, 11/07/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne s'inquiète de l'arrivée de nouvelles drogues de synthèse sur le marché européen et compte doper à l'automne prochain son arsenal de mesures pour combattre le phénomène. C'est ce qu'a annoncé lundi 11 juillet la commissaire à la Justice Viviane Reding, dans un communiqué, à l'occasion de la publication d'un rapport sur les outils de surveillance européens ainsi que d'un Eurobaromètre sur la consommation de drogues synthétiques chez les Européens.
En 2010, 41 substances psychoactives de ce type (le spice, par exemple), aux effets proches de drogues comme l'ecstasy ou la cocaïne, avaient été signalées, contre 24 en 2009, indique la Commission, ces substances étant par ailleurs vendues « en toute légalité », sur Internet ou dans des magasins spécialisés, ce que la Commission entend empêcher.
Selon l'Eurobaromètre publié le 11 juillet, 5 % des jeunes Européens ont par ailleurs déclaré avoir consommé certaines de ces nouvelles drogues. « La prévalence est la plus forte en Irlande (16 %), suivie de la Pologne (9 %), de la Lettonie (9 %), du Royaume-Uni (8 %) et du Luxembourg (7 %) », écrit la Commission, la plus grande source d'approvisionnement restant d'ailleurs les amis, les discothèques, suivis par les magasins spécialisés et Internet (7% du mode d'approvisionnement). « C'est à un rythme sans précédent que les nouvelles drogues de synthèse deviennent largement accessibles en Europe. Elles peuvent être toxiques, créer une dépendance et entraîner des effets néfastes à long terme », s'inquiète Mme Reding qui ajoute que le système de détection actuel ne permet « pas de faire face à l'énorme augmentation du nombre de nouvelles drogues sur le marché ».
Dans son rapport d'évaluation du mécanisme européen créé en 2005 applicable aux nouvelles substances psychoactives, publié également le 11 juillet, la Commission note que le système d'alertes rapides « fonctionne bien » mais qu'il reste trop aisé de « contourner les mesures de contrôles actuelles » et de créer de nouvelles drogues. Il convient aussi d'étoffer les outils de surveillance et de contrôle de ces nouvelles substances, poursuit la Commission. À l'automne prochain, la Commission présentera donc « différentes options pour accroître l'efficacité de la réglementation de l'UE », poursuit Mme Reding, dont une « alternative aux sanctions pénales, de nouvelles méthodes de surveillance des substances préoccupantes et l'alignement des mesures de lutte antidrogue sur celles qui régissent la sécurité des aliments et des produits ». (S.P.)