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Bulletin Quotidien Europe N° 10416
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Économie

L'Italie sous pression, Merkel appelle Berlusconi

Bruxelles, 11/07/2011 (Agence Europe) - La chancelière allemande Angela Merkel a appelé le président du Conseil italien Silvio Berlusconi et lui a signalé que la mise en route rapide par le Parlement de l'ensemble des mesures financières du gouvernement italien serait un signal important pour la stabilité de l'eurozone. Et le président de la République Giorgio Napolitano a appelé à la « cohésion nationale », un message reçu par l'opposition qui ne fera pas d'obstructionnisme, pour que le parlement puisse adopter le plan de rigueur avant la pause estivale.

Le coup de fil de Merkel à Berlusconi et l'appel de Napolitano, tous deux datés de lundi 11 juillet, sont interpretés par nombre d'observateurs comme des signes de l'inquiétude croissante des dirigeants européens, même si le ministre de l'Économie allemand Wolfgang Schäuble dit que l'Italie « n'est pas un problème ». À Bruxelles pour la réunion de l'Eurogroupe, le ministre de l'Économie italien Giulio Tremonti, qui vient d'être nommé coordinateur de ses collègues du PPE, à la place du Finlandais Jyrki Katainen, promu Premier ministre, rencontre le ministre français François Baroin, pour sa première sortie dans sa nouvelle fonction.

Tremonti croit que les mesures financières pourraient être approuvées cette semaine même, pour donner un signal de confiance fort. Le gouvernement a adopté le 30 juin un plan de rigueur de 40 milliards d'euros afin de rassurer les marchés alors que le pays croule sous une dette atteignant 120% de son PIB et a une croissance faible (0,1% au premier trimestre). Mais des doutes subsistent quant à la mise en oeuvre de ce plan, qui doit permettre à l'Italie d'atteindre un quasi-équilibre budgétaire en 2014, le gros des mesures portant sur 2013 et 2014 et donc sur le prochain gouvernement - l'actuelle législature se termine au printemps 2013.

Après un 'vendredi noir' qui a vu les taux obligataires italiens s'envoler à des records et la Bourse de Milan chuter, la préoccupation est palpable à Rome et à Milan. La journée de dimanche a été marquée par des rumeurs d'une consultation extraordinaire à Bruxelles sur la situation italienne. Les rumeurs ont été ensuite démenties: il s'agissait de la réunion hebdomadaire entre le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et le président de la Commission José Manuel Barroso, élargie à d'autres personnalités en vue de la séance de l'Eurogroupe et pas spécialement consacrée à l'Italie.

Une éventuelle contagion de la crise financière à l'Italie provoque de l'anxiété sur les marchés car elle mettrait en péril l'euro. Mais les points forts de l'Italie, troisième économie de l'eurozone, semblent la mettre à l'abri d'un scénario à la grecque, selon des économistes cités par la presse internationale. La présidence polonaise du Conseil ÉCOFIN ne croit pas au risque d'une contagion italienne: Jacek Rostowski, ministre des Finances polonais, a dit que « la situation budgétaire de l'Italie est sous bon contrôle » ; et le ministre hollandais Jan Kees De Jager partage son avis. Pourtant, lundi, en début après-midi, les taux continuaient de grimper et la bourse chutait de plus de 3% malgré l'adoption d'une mesure pour encadrer les ventes à découvert des actions et limiter la spéculation. (Gp)

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