login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10370
Sommaire Publication complète Par article 23 / 37
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/environnement

Enrayer la perte de la biodiversité d'ici 2020

Bruxelles, 03/05/2011 (Agence Europe) - La Commission a approuvé, le mardi 3 mai, une nouvelle stratégie pour la biodiversité dans l'Union européenne. Signal de la volonté de la Commission de s'attaquer au problème de la crise de la biodiversité, cette nouvelle approche multisectorielle mettra l'UE sur la bonne voie pour enrayer la perte de biodiversité d'ici 2020. Les objectifs de cette stratégie ne pourront toutefois être atteints que si la Commission coopère avec les autres institutions, les ONGs, les secteurs et toutes personnes de contact concernés pour être à la hauteur des objectifs de la stratégie UE 2020.

Objectifs. La nouvelle stratégie permettra de s'attaquer aux racines de l'évolution de la disparité de la biodiversité. Elle repose sur un scénario solide qui permettra d'accompagner le progrès. Elle se concentre sur un certain nombre de cibles concrètes qui nécessiteront des actions claires et des responsabilités particulièrement bien délimitées. Elle arrive à point nommé: des priorités ont été arrêtées au moment où les institutions européennes ont engagé la discussion sur le nouveau cadre financier pluriannuel qui arrêtera les priorités en matière de dépenses de l'UE au-delà de 2013.

La stratégie se concentrera sur six objectifs concrets: (1) doper les efforts en vue de préserver les espèces et les habitats dans le contexte du Réseau Natura 2000 ; (2) reconstruire 15% au moins des écosystèmes endommagés dans l'UE en passant pas les infrastructures vertes qui permettront de relier entre elles des zones littéralement scindées par les réseaux routiers, ferroviaires, par l'urbanisation, et maintenir les écosystèmes sains ; (3) faire contribuer les agriculteurs et les sylviculteurs en termes de biodiversité par une gestion durable de leurs activités ; (4) assurer une pêche durable « avec des incitatifs pour les agriculteurs, les sylviculteurs et les pêcheurs qui doivent être plus actifs sur le front de la protection de la nature dont ils pourront profiter », a relevé Janez Potocnik ; (5) lutter contre les espèces invasives, contre la diffusion incontrôlée d'espèces végétales ou animales dans un habitat dont elles n'étaient pas originaires, avec à la clef des pertes considérables en termes de biodiversité en Europe et 12,5 milliards de dégâts par an pour l'UE ; (6) agir pour lutter contre la disparition de la biodiversité au niveau mondial. « Un combat qui est global », selon M.Potocnik.

Mandats. Les actions qui s'inscrivent dans la stratégie d'aujourd'hui répondent à deux mandats: (1) des Chefs d'État et de gouvernement de l'UE en mars 2010, à savoir mettre un frein à la disparition de la diversité puis reconstruire les écosystèmes dès que cela est possible, avant d'accroître la contribution de l'UE en matière de préservation de la biodiversité ; (2) des engagements de l'UE contractés lors du Sommet mondial de la biodiversité à Nagoya (Japon). En tant que contrepartie à la convention sur la diversité biologique, l'UE se doit de lier sa politique en matière de biodiversité aux 20 mesures de lutte contre la perte de biodiversité dans le monde au cours de la prochaine décennie.

Nature de la stratégie et problème. Les espèces et les habitats naturels disparaissent à grande vitesse, une vitesse qui est de « plus de 1000 fois plus rapide maintenant que le rythme naturel de disparition de ces mêmes espèces », a noté Janez Potocnik. Dans l'UE, un quart de l'espèce animale est menacée d'extinction, 88% des sortes halieutiques sont surexploitées, la biodiversité est fragmentée, les paysages sont inutilisables et la menace est bien plus réelle que sur d'autres fronts environnementaux (comme celui du changement climatique). « Ceci nous importe parce que nous ne faisons pas qu'assister à la disparition des espèces et des habitats mais aussi parce que ce sont des services prestés par la nature qui sont menacés de disparition », a affirmé M.Potocnik. Il s'agit en effet de: (1) notre alimentation ; (2) de l'air que nous respirons mais aussi d'autres services prestés par les écosystèmes comme la purification. Exemple d'une telle purification: l'eau potable de la ville de Vienne (Autriche). Cette eau est purifiée grâce aux montagnes qui entourent la ville et aux 32000 hectares de forêts de ces alpins. Une usine de traitement pour l'eau de Vienne n'est donc pas nécessaire ; (3) la pollinisation. Ainsi, 35% des ressources alimentaires en France sont dépendantes de la pollinisation par les abeilles entre autres. Dans l'UE, la pollinisation par les insectes représente une valeur économique de quelque 15 milliards d'euros par an. «La protection de la diversité des espèces et des habitats permet de préserver la beauté de la nature, mais pas uniquement pour la beauté du geste, mais parce que c'est rationnel d'un point de vue économique. Il vaut mieux payer en ce sens que d'essayer de réparer les dégâts », a affirmé le commissaire. Les entreprises pourraient perdre jusqu'à 6000 milliards de dollars US d'ici à 2050 si on ne fait rien, avec des pertes en termes de prospérité de 2 à 4,5 milliards de dollars US d'ici 50 ans !, d'après des études du BEE sur les écosystèmes et la nature.

Réaction. Pour le groupe Verts/ALE, la Commission manque son objectif. Elle aurait dû présenter un projet politique détaillé pour atteindre l'objectif révisé de l'UE de la perte de la biodiversité d'ici à 2020. (G.B.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES