Bruxelles, 03/05/2011 (Agence Europe) - Le parti des 'Vrais Finlandais' a réitéré son opposition au sauvetage du Portugal alors que viennent de démarrer les négociations officielles devant conduire à la formation d'un gouvernement en Finlande d'ici jeudi 19 mai (EUROPE n°10364). « Nous ne pouvons pas en bonne conscience soutenir le paquet (d'aide) au Portugal, ni la création d'un mécanisme de sauvetage permanent. (…) Nous n'approuvons pas non plus l'augmentation des garanties apportées par la Finlande au sein du mécanisme de stabilité temporaire », a-t-il fait savoir, lundi 2 mai, dans une déclaration écrite. « Cela fait plus d'un an qu'on essaie de contrôler la crise avec ces mesures, sans succès. Nous sommes maintenant au bord de l'effondrement. Chaque pas supplémentaire en faveur de cette stratégie augmente les risques de pertes pour les Finlandais et les autres contribuables », a renchéri son leader Timo Soini.
La Commission européenne a maintenu, mardi 3 mai, sa ligne officielle. Nous sommes confiants que la Finlande sera partie à la décision sur l'aide au Portugal attendue lors de la réunion de l'Eurogroupe du lundi 16 mai, a indiqué la porte-parole du commissaire chargé de la concurrence Joaquín Almunia.
Désormais la troisième force politique du pays (19% des voix aux élections législatives d'avril), le parti finlandais eurosceptique est presque incontournable. Mais pour entrer au gouvernement, il devra faire évoluer sa position. Des signaux auraient été émis dans ce sens par M. Soini. S'ils maintiennent cette ligne au nom du respect des promesses électorales, les 'Vrais Finlandais' pourraient ne pas faire partie de l'équipe gouvernementale. Quatre partis finlandais soutiennent à ce jour l'aide financière internationale au Portugal. Mais ils ne totalisent que 98 des 200 sièges au parlement finlandais, dont l'aval est requis pour approuver tout sauvetage. Reste le parti-social démocrate, arrivé en seconde position aux élections (19,1% des voix). Celui-ci a voté contre les sauvetages grec et irlandais dont les coûts ne sont pas suffisamment supportés, à leurs yeux, par les banques. Les décisions du parlement national doivent néanmoins être respectées, estime ce parti. (M.B.)