Bruxelles, 29/04/2011 (Agence Europe) - Alors que Catherine Ashton tarde à émettre un jugement sur l'accord conclu le 27 avril entre le Fatah et le Hamas sur la mise sur pied d'un gouvernement palestinien d'union nationale et la tenue d'élections présidentielles et législatives en 2012 - le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) continue d'analyser le contenu (EUROPE n° 10367) -, la pression monte sur l'UE pour qu'elle exprime son soutien à cet arrangement. Du côté palestinien, on dit ne pas pouvoir imaginer que les 27 rejettent l'accord qui, dit-on, respecte tous les critères définis par l'UE pour pouvoir avancer vers une solution négociée du conflit israélo-palestinien. « Le nouveau gouvernement palestinien respectera tous les accords conclus auparavant par l'OLP, y compris la feuille de route pour le processus de paix et l'initiative arabe pour la paix. En plus, il travaillera en faveur de la création d'un État palestinien dans les frontières de 1967. Comment l'UE pourrait-elle être opposée à un gouvernement qui poursuit les mêmes politiques que l'UE dans la région? Je ne pense pas que ce soit une option », a commenté Xavier Abu Eid, un conseiller de l'OLP, à EUobserver. Selon lui, l'accord Fatah/Hamas primera sur l'ancienne charte du Hamas qui appelle à la résistance armée contre Israël. Même si Mme Ashton a souligné, dans un commentaire préliminaire publié le 28 avril, que l'UE soutient évidemment tout effort de réconciliation, il ne sera pas facile pour les 27 d'aboutir au consensus nécessaire pour appuyer l'accord palestinien. D'abord en raison des positions très tranchées d'Israël et des États-Unis contre l'implication du Hamas islamiste dans un gouvernement palestinien. Ensuite parce que l'UE devrait elle aussi revoir sa position vis-à-vis du Hamas qui figure sur la liste des organisations terroristes.
Entre-temps, la délégation du Parlement européen pour les relations avec le Conseil législatif palestinien a clairement pris position en faveur de l'accord de réconciliation palestinien. Une délégation d'eurodéputés, qui a séjourné cette semaine en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, estime qu'il s'agit d'une opportunité extraordinaire de mettre fin à la division entre Palestiniens et de progresser vers la création d'un État palestinien. La délégation, dirigée par l'Irlandais Proinsias De Rossa (S&D), a lancé vendredi 29 avril un appel aux États membres pour qu'ils soutiennent l'accord. L'UE « ne doit pas répéter l'erreur » commise après les élections palestiniennes de 2006 quand elle avait refusé de traiter avec les élus du Hamas, « ce qui a indéniablement contribué à diviser le Fatah et le Hamas et retardé le processus de paix pour des années », commente Proinsias De Rossa. L'Europe a maintenant la possibilité de rétablir sa crédibilité en travaillant avec toutes les parties palestiniennes, dit-il. La Lituanienne Radvilë Morkûnaitë-Mikulënienë (PPE), également membre de la délégation du PE qui était à Ramallah et Jérusalem-Est cette semaine, appelle cependant à la prudence. « Le futur gouvernement palestinien d'unité nationale devrait être soutenu par l'UE uniquement s'il renonce clairement et explicitement à la violence et s'il reconnaît l'État d'Israël », dit-elle dans un communiqué. (H.B.)