Bruxelles, 29/04/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé de reporter à une date ultérieure la fin - dans certains cas - de l'interdiction des liquides à bord des avions qui devait entrer en vigueur vendredi 29 avril.
« Aujourd'hui (vendredi), le vice-président de la Commission, Siim Kallas, chargé des transports, a conseillé aux États membres de différer pendant une période limitée la suppression des restrictions sur le transport de liquides en 'duty free' dans les bagages à main qui devait entrer en vigueur le 29 avril 2011 », a indiqué la Commission dans un communiqué publié le même jour. Elle y précise que sa décision vise à «éviter une situation qui au lieu de faciliter les voyages causerait plutôt une confusion pour les passagers ». Elle affirme aussi qu'elle « réexaminera » la situation avec les États membres et consultera les États-Unis qui sont l'une des principales destinations des vols partant d'Europe (20% des vols européens partent vers l'Amérique du Nord). Leur administration de la sûreté aérienne n'a toujours pas approuvé les normes de sûreté allégées qui seraient entrées en vigueur ce vendredi. La Commission assure qu'elle reste en contact régulier avec les États-Unis, qui, comme l'UE, souhaitent lever l'ensemble des restrictions sur le transport des liquides d'ici 2013.
En même temps, un nombre croissant d'États membres, dont la France, l'Italie, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, étaient opposés à la levée de cette interdiction, évoquant souvent une situation de sûreté et des capacités technologiques insuffisantes (EUROPE n° 10345). D'autres, comme la Slovaquie, ne se sont pas prononcés, alors que neuf États membres, dont Allemagne, Suède, Finlande, Autriche, Danemark, Irlande, Hongrie, étaient prêts à introduire le nouveau régime. Si la mesure était entrée en vigueur, le passager d'un avion reliant Moscou à Londres et transitant par Francfort aurait pu acheter de l'alcool dans les boutiques de la zone aéroportuaire de Moscou sans risquer de devoir le boire ou le remettre aux douaniers à Francfort. En revanche, s'il se rendait de Moscou à Londres via Paris, il aurait été obligé de se débarrasser des produits achetés. La Commission européenne estimait que l'interdiction de transporter des liquides en cabine dans les avions, décidée pour prévenir les attentats, pouvait être progressivement levée, car la technologie permet de procéder aux contrôles nécessaires.
M. Kallas a indiqué avoir « pris acte » de l'opposition de plusieurs États à sa proposition et a décidé de surseoir à son exécution de crainte de créer trop de confusion parmi les passagers des transports aériens. « Mon objectif est de faciliter la vie des passagers », a-t-il-indiqué dans un communiqué. « Les restrictions sur le transport, à travers des aéroports européens, des liquides 'duty free' achetés en dehors de l'UE devraient rester en place jusqu'au moment où les passagers pourront voyager avec certitude », a poursuivi le commissaire. Un des porte-parole de la Commission a affirmé vendredi que « tous les États membres ont marqué leur accord » pour appliquer cette recommandation. « Les pays qui avaient l'intention d'introduire le nouveau régime sont d'accord pour le laisser tomber », a-t-il précisé.
La décision de la Commission a été saluée par le secteur aérien. « Dans les circonstances actuelles, ce report est la solution la moins pire», a déclaré dans un communiqué le secrétaire général de l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA). Il a rappelé que l'AEA ne s'opposait pas à la levée des restrictions mais préférait que cela soit fait dans le cadre d'une « approche harmonisée ». (A.By.)