Bruxelles, 27/04/2011 (Agence Europe) - La Communauté des chemins de fer européens (CER), l'une des plus grandes associations du secteur ferroviaire à Bruxelles, va désigner la semaine prochaine son nouveau directeur exécutif qui remplacera l'Allemand Johannes Ludewig. Cinq candidats se sont officiellement déclarés pour le scrutin du 3 mai: Ferdinand Schmidt, le directeur exécutif de Rail Cargo (Autriche), le Tchèque Libor Lochman, actuel directeur exécutif de la CER, le Néerlandais Ad Toet, directeur de l'Union patronale des transporteurs, ainsi que le Français Jean-Marie Dancoisne, directeur du bureau bruxellois de la SNCF et l'Allemand Jürgen Rüttgers, ancien ministre-président du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie.
Loin d'être politiquement neutre, l'élection du futur directeur exécutif risque d'avoir une incidence considérable sur les futures orientations de l'association, au moment même où se jouent à Bruxelles les questions relatives à la future politique ferroviaire: l'ouverture à la concurrence du transport des passagers, l'indépendance des régulateurs ferroviaires ainsi que la séparation effective - soutenue par Paris mais pas par Berlin - des opérateurs ferroviaires et des gestionnaires d'infrastructures. La désignation de M. Rüttgers, imminent politicien et proche de la chancelière allemande, mais sans expérience particulière dans le domaine ferroviaire (ce qui l'exclut des critères formels applicables aux candidats définis par l'assemblée générale de la CER), est dans ce contexte perçue comme une tentative allemande de préserver une emprise sur le plus grand lobby ferroviaire. Elle risque donc, selon certains, de porter gravement atteinte aux intérêts de l'association, laquelle se veut professionnelle, privée et indépendante de toute influence politique. Or, en vue de ce scrutin, Angela Merkel est intervenue personnellement auprès de son homologue français en lui demandant de retirer de la course le candidat français. (A. By.)