Bruxelles, 27/04/2011 (Agence Europe) - Dans le cadre de la communication sur la modernisation de l'enseignement supérieur que la Commission européenne doit publier à l'automne prochain, l'Union des étudiants européens (ESU) a émis plusieurs commentaires pour que la Commission vise des objectifs plus précis et plus conformes à la situation. Ce 27 avril, les associations nationales d'étudiants ont remis à leur ministre de l'Éducation respectif un communiqué conjoint dans lequel elles formulent leurs recommandations vis-à-vis de la communication. Ces recommandations ont été transmises également au Conseil européen, au Parlement européen et à la Commission européenne
L'Agenda que se propose de publier la Commission fixera des lignes directrices générales censées guider pour la prochaine décennie les institutions de l'enseignement supérieur dans leurs réformes. La Commission envisage des propositions concrètes pour les prêts étudiants et un élargissement des financements pour les projets de mobilité, avec pour objectif d'atteindre d'ici 2020 les 20% de jeunes européens poursuivant des études à l'étranger. L'ESU est particulièrement critique vis-à-vis de la mise en place d'un système de prêts étudiants paneuropéen qui, selon elle, décourage la participation des étudiants issus de milieux socio-économiques modestes. La communication doit se recentrer sur les défis que rencontrera l'enseignement supérieur dans les dix prochaines années, et les actions envisagées au niveau européen ne doivent pas concerner seulement une fraction d'universités mais tous les établissements d'enseignement supérieur, estime l'ESU. D'autre part, ne considérer que les aspects positifs d'une implication du secteur privé dans le processus de gouvernance des universités est une erreur, selon l'ESU, car cela peut accentuer les inégalités sociales et s'inscrire en contradiction avec les objectifs du processus de Bologne.
Parmi les recommandations adressées à la Commission, l'ESU suggère de: 1) mettre l'accent sur la dimension sociale de l'enseignement supérieur en facilitant son accès à tous les étudiants, sans que cela ne compromette la qualité de l'enseignement ; 2) encourager les investissements publics, et faire en sorte que les États membres contribuent à l'enseignement supérieur à raison de 2% de leur PIB (objectif de Bologne) ; 3) mettre en œuvre les réformes nécessaires pour créer un système d'apprentissage tout au long de la vie basé sur des structures flexibles ; 4) envisager de nouvelles méthodes d'enseignement et d'apprentissage qui soient plus innovatrices ; 5) encourager les enseignants à innover et créer, pour ce faire, mettre en place des systèmes qui valorisent leur formation ; 6) impliquer tous les acteurs dans le processus décisionnel des universités, en respectant la liberté académique au sein des structures de gouvernance ; 7) soutenir la pleine mise en œuvre des instruments visant la mobilité des étudiants ; 8) dans le cadre de la mondialisation, assurer que la mobilité des étudiants ne mène pas à des situations de déséquilibre au sein de certains pays. (I.L.)