Bruxelles, 27/04/2011 (Agence Europe) - À l'issue de son entrevue avec le président français Nicolas Sarkozy, mardi 26 avril, à Rome, le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, s'est refusé à considérer « hostile » l'OPA du groupe laitier français Lactalis sur son concurrent italien Parmalat, un des dossiers qui ont empoisonné les relations récentes entre Rome et Paris (EUROPE n° 10356).
La Premier ministre italien a affirmé à ce propos qu'il était « singulier » que l'OPA du groupe français « ait été lancée justement aujourd'hui, en concomitance avec le sommet Italie-France ». Se voulant conciliant, il a toutefois ajouté: « C'est pour cette raison justement que j'exclus de la manière la plus absolue que le gouvernement français ait été conscient de cette superposition». Concluant sur le sujet, il a déclaré qu'il espère « que les entreprises italiennes puissent arriver à une proposition afin qu'on puisse établir un accord qui comporte une participation italienne avec celle de Lactalis ». Plus généralement,
M. Berlusconi a appelé de ses vœux « la création de grands groupes franco-italiens et italo-français en mesure de coexister dans la compétition mondiale ». Le président français a abondé dans le même sens, indiquant que Parmalat et Lactalis sont deux groupes privés et que « Berlusconi et moi-même croyons dans une économie de marché ».
On se rappellera que, le 22 mars dernier, le groupe français avait porté de 11,42% à 29% sa participation dans le capital du groupe italien et que les tentatives italiennes d'éviter la mainmise complète de Lactalis sur Parmalat, l'un des fleurons de l'industrie agroalimentaire nationale, avaient donné lieu récemment à une « demande d'explications » à l'Italie de la part des services du commissaire Barnier. Le gouvernement italien avait en effet essayé de gagner du temps face à une éventuelle OPA en autorisant Parmalat à postposer jusqu'à la fin juin la réunion de son conseil d'administration. Il essaye parallèlement de mettre sur pied un Fonds d'investissement italien (sur le modèle du Fonds stratégique d'investissement français) susceptible d'acquérir des parts dans les groupes nationaux « stratégiques », pour éviter leur prise de contrôle par des intérêts étrangers.
La prise de contrôle à 100% du groupe italien par Lactalis devrait mettre l'entité résultant de la concentration au premier rang mondial dans le secteur des produits laitiers, avec un chiffre d'affaires d'environ 14 milliards d'euros. La Commission européenne attend maintenant la notification officielle de l'opération pour l'évaluer du point de vue des règles européennes de la concurrence. (F.G.)