Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - Catherine Ashton, Haut représentant de la diplomatie européenne, est arrivée lundi en Arabie saoudite pour une visite préalable à la session du Conseil de coopération UE/CCG (Conseil de coopération du Golfe) (EUROPE n° 10361). Elle s'est entretenue à Riyadh avec le ministre des Affaires étrangères, Saud Al-Faisal et le vice-ministre de l'Intérieur, Mohammed bin Nayef, avec lesquels elle a évoqué, selon un communiqué officiel non détaillé, la situation politique dans la région, au Bahreïn et au Yémen en particulier. Le communiqué se borne à indiquer que Mme Ashton et ses interlocuteurs « sont convenus de la nécessité d'intensifier le dialogue et d'un soutien mutuel aux sujets d'intérêt commun ». Le communiqué ne confirme pas l'intention prêtée à la chef de la diplomatie européenne de rencontrer des « femmes d'influence ». Celles-ci cherchent à en gagner malgré le conservatisme wahhabite qui les prive de leurs droits premiers. Ainsi, les réformes ne les concerneront pas et elles ne voteront pas aux prochaines élections municipales, les deuxièmes dans l'histoire du pays, organisées pour tenter de satisfaire le mouvement de contestation qui n'épargne pas des régions du royaume. Officiellement, selon les médias, les autorités ont dit ne pas disposer des infrastructures nécessaires pour accueillir les citoyennes dans les bureaux de vote. On y rappelle qu'une stricte séparation des sexes est imposée dans l'espace public. Une campagne a par ailleurs été lancée sur Internet par des militantes pour demander l'égalité des sexes et lutter contre les discriminations. Ce site exige, par exemple, l'autorisation pour les femmes de conduire ou encore la création d'emplois pour les jeunes diplômées.
Mme Ashton a également rencontré, pour la première fois, Abdelaziz Zayani, le nouveau secrétaire général du CCG. L'entretien a permis de passer en revue la coopération UE/CCG et d'évoquer la situation au Yémen (le Bahreïn n'est pas cité) avec l'espoir d'une issue positive de la crise dans ce pays. En revanche, l'ambassadeur britannique à Riyadh, Sir Tom Philipps, a exprimé dans un long article publié par le quotidien local « Alyaum » (le jour) un avis plus explicite et félicité l'Arabie saoudite pour son engagement à contribuer à la « stabilité » du Bahreïn et le droit du gouvernement de ce pays à « demander l'aide (militaire) des pays du CCG » contre les « menaces iraniennes ».
Selon « Gulfnews », « les observateurs s'attendent à ce que Mme Ashton annonce le soutien de l'UE à l'initiative du CCG sur le Yémen ». Les six monarchies pétrolières « demandent au président Ali Abdullah Saleh de se retirer et de transférer le pouvoir à son adjoint et la formation d'un gouvernement de transition représentant tous les Yéménites et de préparer le pays à des élections nationales ». (F.B.)