Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - Trois eurodéputés du groupe PPE, Simon Busuttil, Salvatore Iacolino et Véronique Mathieu, ont pris position mardi 19 avril dans un communiqué sur les tensions actuelles entre Rome et Paris au sujet des migrants tunisiens, estimant que « l'afflux récent de migrants en provenance des pays d'Afrique du Nord montre plus que jamais qu'une approche européenne commune en matière d'immigration est nécessaire », sinon « les États membres finissent par essayer de rejeter leurs responsabilités et se montrer du doigt les uns les autres sans aller vers une véritable solution ».
« Nous pensons que l'Italie et la France doivent coopérer afin d'assurer une application équilibrée de la Convention de Schengen », ont ajouté les députés rappelant que Schengen est « une étape importante dans l'intégration européenne » et demandant aux deux pays de « trouver une solution commune afin d'avoir une application juste des conditions de voyage dans l'espace Schengen pour un ressortissant de pays tiers titulaire d'un permis de séjour provisoire et d'un document de voyage valide ».
L'Italie et la France s'opposent depuis une dizaine de jours sur l'interprétation des règles Schengen, après que l'Italie a commencé à délivrer des titres de séjour temporaires et des documents de voyage à une partie des migrants tunisiens arrivés sur son sol. La France, dans la zone frontalière avec l'Italie, et la Belgique, en certains points, ont déjà renforcé leurs contrôles de police.
Lundi 18 avril, la commissaire compétente, Cécilia Malmström, a rappelé l'importance de Schengen estimant que ce n'est pas la « fin » de l'espace de libre-circulation et qu'il serait « dangereux » de le mettre en péril. La commissaire a cependant reconnu qu'il pouvait exister des « problèmes » dans Schengen et qu'il convenait d'en discuter, « sans remettre en cause tout le système ».
Dans les propositions sur les migrations que la commissaire doit soumettre aux ministres de l'Intérieur le 12 mai prochain puis au Sommet européen du mois de juin, certains, comme la France ou l'Allemagne, voudraient des suggestions claires pour renforcer Schengen et le prémunir des crises, notamment en ébauchant un mécanisme de « suspension » des règles de Schengen et le rétablissement éventuel de contrôles à des frontières jugées problématiques.
Cette problématique devrait être discutée mercredi 20 avril au sein du collège des commissaires qui aura un débat d'orientation sur les propositions, éventuellement sous forme de « Paquet », que présentera la Commission en mai (le 24 mai à ce stade) puis en juin prochains aux chefs d'État et de gouvernement. Cette discussion devrait porter sur les pistes d'amélioration du système Schengen et son renforcement pour pallier les problèmes ponctuels détectés et, comme l'a dit Antonio Tajani cité par des médias italiens, sur le rôle de la Commission en cas de suspension des règles de Schengen. (S.P.)