Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - Les négociations d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne semblent paralysées, à l'issue de la 49ème réunion du Conseil d'association entre l'UE et la Turquie, mardi 19 avril. L'UE a demandé à la Turquie de poursuivre les réformes législatives et d'appliquer le protocole d'Ankara sur l'extension de l'Union douanière à Chypre. Actuellement, seuls 13 des 35 chapitres sont ouverts, un seul (recherche) est provisoirement fermé. En outre, pas moins de 18 chapitres sont bloqués: huit sont suspendus depuis décembre 2006 en raison de la non-application par la Turquie du protocole d'Ankara, et dix autres chapitres sont bloqués pour des raisons politiques par certains États membres. Seuls 3 dossiers restent ouvrables: politique sociale et emploi, marchés publics, concurrence, mais des progrès s'imposent.
Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires étrangères de la Turquie, n'a pas caché sa déception et son impatience. « J'espère que ces Conseils d'association prendront fin un jour et que la Turquie deviendra un membre à part entière de l'UE », a-t-il dit. « En raison des obstacles politiques que nous notons, les négociations d'adhésion ne se déroulent pas au rythme que nous souhaiterions. Nous aimerions que ce processus se poursuive sans interruption avec une perspective d'adhésion », a ajouté le ministre turc. La Turquie a une nouvelle fois évoqué le régime des visas jugé « injuste ». La Turquie estime avoir avancé sur pas mal de sujets pour mettre un terme à ces procédures, comme les passeports biométriques, l'accord de réadmission et la gestion des frontières.
Egemen Bagis, le ministre turc des Affaires européennes, a noté que la Turquie reste dans l'antichambre de l'UE. Cela fait 45 ans que la Turquie a fait part de sa première demande. « S'il n'y avait pas eu d'obstacles sur 18 chapitres, on aurait pu avoir bouclé 13 chapitres de plus », a dit M. Bagis. « Au lendemain des élections en Turquie, le 13 juin, nous remettrons notre ouvrage sur le métier », a promis le ministre turc.
János Martonyi, le ministre hongrois des Affaires étrangères, a répété que le rythme des négociations dépend surtout des progrès réalisés par la Turquie en ce qui concerne les différents critères et dans le respect des exigences du cadre de négociation et du respect de ses obligations contractuelles à l'égard de l'UE. L'UE s'est félicitée du paquet de réforme constitutionnel, jugé comme étant un pas dans la bonne direction.
Štefan Füle, le commissaire européen à l'Élargissement, a dit notamment que « nous travaillons dur sur un code qui simplifierait les déplacements des citoyens turcs dans l'Espace Schengen ». (L.C.)