Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - L'Argentine est « le plus grand obstacle » à la conclusion d'un accord d'association, comprenant un large volet commercial, entre l'UE et le bloc Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), « le protectionnisme de l'Argentine crée des problèmes et cela ne rassure pas nos exportateurs, en particulier dans l'industrie automobile »… Repris par le quotidien argentin Clarin, les propos tenus le 14 avril par Karel De Gucht devant la délégation du Parlement européen chargée des relations avec les pays du Mercosur ont alimenté un début de polémique entre Bruxelles et Buenos Aires. Évoquant des frictions purement bilatérales avec l'Argentine, liées aux obstacles non tarifaires dénoncés par l'UE, en particulier des licences d'importation pour de nombreux produits européens, M. De Gucht a aussi évoqué un possible recours à l'OMC. Des propos peu appréciés par les autorités argentines qui, en dépit de l'engagement réaffirmé par le commissaire en faveur d'un accord en 2011, l'ont pris pour cible. M. De Gucht « essaie de diviser les membres du Mercosur », a déploré le secrétaire argentin au Commerce Luis María Kreckler, le 15 avril. « L'UE n'a pas été capable de proposer une offre consensuelle, en particulier dans le secteur agricole », a ajouté M. Kreckler, encourageant le commissaire européen à « ne pas créer une atmosphère de pression ». « La Commission est préoccupée par les mesures prises par les autorités argentines quant à leur impact sur le commerce bilatéral, mais nous espérons que cela ne va pas jouer de manière négative sur les négociations UE/Mercosur ou sur l'engagement de l'Argentine en faveur de ce processus », a commenté le porte-parole de M. De Gucht, John Clancy, lundi 18 avril. « L'UE reste déterminée à trouver un accord commercial ambitieux et équilibré avec le Mercosur, et à échanger dans les 60 jours des offres sur l'accès au marché pour garantir que le processus de négociation avance », a précisé M. Clancy. Négociateurs européens et sud-américains se retrouvent du 2 au 6 mai à Asunción, au Paraguay, où la question des mesures protectionnistes argentines devrait rebondir. (E.H.)