Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - À l'initiative de Bruno Le Maire, ministre français de l'Agriculture, la France, l'Allemagne, l'Italie, Chypre, le Luxembourg, la Hongrie, l'Autriche, le Portugal et la Roumanie ont fait part mardi 19 avril de leurs vives inquiétudes pour le secteur vitivinicole en Europe en raison de la suppression du régime des droits de plantation prévue en 2015. Ces neuf pays demandent le maintien au-delà de 2015 d'un encadrement des droits de plantation au niveau de l'ensemble des pays de l'UE et pour l'ensemble des catégories de vins.
Dans une lettre remise au commissaire européen Dacian Ciolos, les ministres de l'Agriculture de ces neuf pays soulignent que le régime des droits de plantation contribue à garantir la qualité des vins européens, la stabilité des marchés vitivinicoles, à assurer un développement maîtrisé de la production et le maintien de l'activité vitivinicole dans les zones à faible potentiel agronomique.
Les ministres appellent donc la Commission à prendre en compte ces préoccupations lors des prochaines échéances communautaires qui permettront de revoir les mesures applicables au secteur vitivinicole. La Commission doit présenter en septembre ses propositions de réforme de la PAC (politique agricole commune) à l'horizon 2013 et élaborer, avant la fin 2012, un rapport sur le secteur vitivinicole.
« Il apparaît que les désavantages issus de la suppression des droits de plantation l'emporteraient largement sur les bénéfices attendus », lit-on dans cette lettre. Ces craintes sont fondées sur les risques suivants: - surproduction entraînant une baisse des prix en raison d'une augmentation trop forte de l'offre liée à des plantations non maîtrisées ; - déprise des zones viticoles les moins productives ; - diminution du nombre d'exploitations familiales (baisse de l'emploi) ; - détournement de notoriété des appellations d'origine protégée par l'implantation de vignobles de vins sans indication géographique à l'intérieur même du périmètre d'une AOP (appellation d'origine protégée) ou à ses proches abords ; - dévalorisation des produits sous signe de qualité liée à l'augmentation de la surface en vigne sur le territoire et à la standardisation progressive de la production ; - industrialisation excessive de la viticulture européenne.
Réponse de la Commission. La Commission européenne, de son côté, rappelle que ce sont les États membres qui, en 2008, ont pris la décision de supprimer les droits de plantation en 2015. Elle tente de rassurer ces pays en précisant que ces droits « ne vont pas disparaître du jour au lendemain ». Chaque pays a, en effet, la possibilité de les préserver jusqu'en 2018 s'il estime que leur disparition précipitée ferait courir un risque trop élevé à certains vignobles. De plus, d'ici là, un rendez-vous important aura lieu. L'an prochain, la Commission présentera une analyse plus précise de l'impact de la réforme. Elle verra alors si toutes les conditions sont réunies pour garantir que chaque segment du marché des vins pourra, dans les prochaines années, exprimer tout son potentiel, en particulier du point de vue de la qualité des produits. (L.C.)