Bruxelles, 19/04/2011 (Agence Europe) - Comme attendu ces dernières semaines, le round de Doha à l'OMC ne connaîtra pas de percée avant Pâques. L'espoir d'un accord définitif avant fin 2011 s'amenuise, et Pascal Lamy, d'ordinaire optimiste, reconnaît que les pourparlers sont « au bord de l'échec ».
« Il n'y a aucune raison d'être optimiste. Les négociations sont dans une situation extrêmement difficile. Les progrès ont été décevants en 2011 », déplorait le commissaire Karel De Gucht le 12 avril dernier, pointant du doigt « le fossé entre ce que les pays en développement sont prêts à concéder et ce que les pays développés sont prêts à accepter », en particulier sur le chapitre de l'accès au marché des produits industriels. Les NAMA donc, nœud du problème ? Pas seulement. Aucun déblocage n'est également en vue sur le chapitre agricole, a averti le médiateur à l'OMC sur ce dossier, l'ambassadeur néo-zélandais David Walker, lundi 18 avril à Genève. « Aucune solution constructive de compromis ne s'est dégagée pour sortir de l'impasse », a-t-il regretté, au terme de deux semaines de consultations. M. Walker remettra seulement une « contribution » le 21 avril, et non un projet de compromis révisé comme prévu initialement. En matière agricole, les positions des 153 pays membres n'ont guère évolué depuis le texte de compromis révisé sur les modalités de libéralisation des échanges, publié en décembre 2008, a précisé M. Walker. En substance, la question du mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM) reste une pierre d'achoppement majeure, malgré une proposition de compromis récente mise sur la table par les Philippines. Il en va malheureusement de même pour le chapitre des produits industriels, où les revendications des États-Unis et des pays riches pour des baisses des droits de douane plus importantes de la part des émergents se heurtent au refus persistant du Brésil, de la Chine et de l'Inde.
Une réunion du comité de supervision des négociations commerciales devrait faire le bilan le 29 avril. Selon M. Walker, les prochaines étapes seront discutées après cette réunion. De source diplomatique, les négociations pourraient décoller seulement en juin-juillet. De son côté, Pascal Lamy, d'ordinaire optimiste, a reconnu, le week-end dernier à Washington, que le round de Doha est « au bord de l'échec ». Le directeur général de l'OMC a une fois encore alerté les capitales sur le coût d'un échec définitif du round de négociations multilatérales lancé en 2001, et dédié au développement. (E.H.)