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Bulletin Quotidien Europe N° 10287
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/terrorisme

Attaques contre les chrétiens, l'UE invitée à agir

Bruxelles, 05/01/2011 (Agence Europe) - Quatre jours après l'attentat meurtrier perpétré contre une église copte d'Alexandrie, ayant fait 21 morts, l'idée d'une action européenne prend peu à peu forme. C'est du moins l'intention déclarée de certains États membres comme la France ou l'Italie ainsi que du Parlement européen qui, par les voix des députés Mario Mauro (PPE) et Gianni Pittella (S&D), entre autres, ont réclamé mardi une action forte de l'UE sur la protection des communautés chrétiennes d'Orient.

Mercredi, la ministre française des Affaires étrangères, Mme Alliot-Marie, a en effet fait part de son projet d'adresser à la haute représentante Catherine Ashton une lettre demandant l'inscription du sujet à l'ordre du jour du prochain Conseil Affaires étrangères, prévu le 31 janvier à Bruxelles. Une lettre qui devrait être cosignée par son homologue italien Franco Frattini, a-t-elle indiqué, et qui abordera la nécessité de « préparer une réponse concertée » des 27 à la menace que « fait peser Al-Qaïda sur les chrétiens d'Orient ».

Ce mercredi, c'est José Manuel Barroso qui a profité d'un discours sur l'innovation dans l'UE pour recommander à son tour non seulement une condamnation ferme de cet attentat mais aussi des actions précises afin d'éviter l'escalade de la violence contre les chrétiens. L'attentat en Égypte suit une série de crimes perpétrés contre les chrétiens, en Irak notamment ou encore au Nigeria à Noël.

Si la Commission n'avait pas encore décidé mercredi d'inscrire le sujet à l'ordre du jour du 31 janvier, la décision devant revenir à Mme Ashton actuellement en déplacement au Moyen-Orient, le sujet a néanmoins été discuté deux fois cette semaine à son niveau: lundi lors de la réunion des directeurs de cabinet et ce mercredi matin lors de la réunion du collège des commissaires. Lundi, plus précisément, c'est le commissaire italien à l'Industrie Antonio Tajani qui a demandé aux cabinets de M. Barroso et de Mme Ashton de prévoir une discussion du collège sur ces récentes attaques contre les chrétiens. La demande de M. Tajani portait sur la protection des chrétiens d'Orient et de manière plus large, sur la protection des minorités religieuses dans le monde, a précisé Olivier Bailly, porte-parole de M. Barroso.

Une demande pas si simple que cela cependant, commente encore Olivier Bailly, qui estime que si « l'on peut tous être d'accord pour condamner, il faut voir ce que la Commission peut faire au-delà d'une simple déclaration politique ». Condamnations, actions concrètes sur le terrain pour protéger les chrétiens d'Orient, tous ces éléments devront ainsi être discutés et mis dans la balance pour préciser l'action que pourra mener l'UE. Il faudra également bien s'accorder sur le public visé par cette action, note une source du Conseil, entre ceux qui ne veulent parler « que de la protection des chrétiens et d'autres qui veulent élargir le champ ».

Du côté de la ministre française Michèle Alliot-Marie, de premières pistes de réflexion ont cependant déjà été mises sur la table. « Il faut que nous agissions entre nous, que nous accueillions, que nous offrions à ceux qui se sentent menacés le droit d'asile », a-t-elle indiqué. Il faudra aussi agir à 27 pour que ces gens « puissent rentrer chez eux ». Pour la ministre française, une telle possibilité de retour constituerait ainsi le meilleur moyen de désavouer les auteurs des attentats.

Toujours est-il qu'une action de l'UE sur ce sujet des minorités religieuses, en particulier chrétiennes, pourrait constituer un précédent. À son niveau, la Commission ne se saisit que rarement de questions religieuses, poursuit Olivier Bailly, et cela essentiellement dans le cadre du dialogue entre les religions institué au niveau de la Commission dans les années 80. En décembre dernier, le Conseil, avant les attentats d'Alexandrie, avait lui aussi mené une discussion sur la liberté de religion dans le monde, évoquant alors la nécessité de protéger les minorités religieuses, sans toutefois parvenir à des actions concrètes, rappelle une source du Conseil. C'est justement ce que reproche l'eurodéputé Mario Mauro à l'exécutif européen. Dans un communiqué, M. Mauro a rappelé que dès 2009 une déclaration du Conseil avait mis en avant le respect de la liberté religieuse dans le monde. Un texte « clairement insuffisant » à présent, estime l'eurodéputé qui a lui-aussi appelé Mme Ashton à se saisir fermement de la question et à exercer, dans le cadre de sa mission, un véritable leadership sur le sujet de la protection des communautés religieuses dans le monde, via notamment des « actions diplomatiques ciblées.» (Cor.)

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