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Bulletin Quotidien Europe N° 10285
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/cÔte d'ivoire

Paris demande une action européenne de soutien à l'ONU

Bruxelles, 03/01/2011 (Agence Europe) - Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a demandé le 23 décembre le soutien de la communauté internationale à la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire (ONUCI) en cas de dégradation de la situation dans le pays. La demande du secrétaire général a été adressée en particulier à la France, dont les forces déployées sur le terrain en appui de l'ONUCI ont vu leur mandat prolongé par le Conseil de sécurité jusqu'au 30 juin 2011, et qui insiste pour sa part sur une action européenne coordonnée. Le comité politique et de sécurité (COPS) de l'UE s'était réuni à deux reprises, les 28 et 29 décembre, pour faire suite à cette demande. Aucune action PSDC n'est prévue à ce stade, si ce n'est un soutien logistique individuel des États membres de l'UE à l'ONUCI, sous la coordination du Haut représentant de l'UE, auquel l'implication et la coordination ont été sollicitées dans une lettre du 24 décembre envoyée par la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie à Catherine Ashton.

L'intention de Laurent Gbagbo est « clairement d'asphyxier » la mission de maintien de la paix, a indiqué Ban Ki-moon dans une lettre envoyée le 23 décembre aux membres du Conseil de sécurité de l'ONU. Il a notamment fait part de ses inquiétudes face à l'escalade des violences perpétrées par les forces fidèles à M. Gbagbo, le président autoproclamé du pays, contre la population civile, contre le président démocratiquement élu Alassane Ouattara ainsi que contre le personnel des Nations unies. Malgré une levée partielle du barrage routier face à l'Hôtel du Golf où s'est réfugié M. Ouattara, le ravitaillement des casques bleus reste bloqué dans le port d'Abidjan à cause d'un refus de dédouanement. Les fournisseurs ont reçu l'ordre d'arrêter tout approvisionnement des forces de l'ONU selon le secrétaire général de l'ONU qui craignait le rétablissement du blocus et la dégradation de la situation. À ce stade, malgré la demande faite par la France, aucune action de l'UE n'est prévue ; la plupart des États membres préfèrent une médiation africaine (voir plus bas), craignant qu'une intervention de l'UE n'aggrave la situation. Donnant suite à la demande de Ban Ki-moon, la ministre française de la Défense a toutefois demandé l'engagement du Haut représentant de l'UE dans le traitement de la crise ivoirienne. « Je compte sur vous pour que vous puissiez jouer un rôle de coordination en encourageant les contributions des États membres et en assurant la transparence entre les Européens » afin que l'UE puisse « assumer ses responsabilités de gestion de crise », a estimé Mme Alliot-Marie en s'adressant à Catherine Ashton. Elle a toutefois fait savoir que les moyens supplémentaires français (porte-hélicoptères et capacités logistiques navales demandés par Ban Ki-moon pour briser le blocus d'Abidjan) ne pourront être déployés qu'en cas de dégradation de la situation et dans la mesure où ils seront complétés par ceux d'autres États membres de l'UE. À ce stade, seuls les Pays-Bas ont décidé de dépêcher vers la côté ivoirienne un bâtiment de guerre destiné initialement à la force navale de l'UE au large des côtes somaliennes (EU NAVFOR Atalanta).

Le Conseil a aussi étendu, le 31 décembre, au terme d'une procédure de silence, la liste des ressortissants ivoiriens soumis à des restrictions de voyage vers l'UE. La liste précédente, adoptée le 22 décembre, a été étendue de 19 à 59 personnes (M. Gbagbo et son épouse compris) et les mesures restrictives (interdiction de visas) concernent, selon le communiqué publié par le Conseil, les figures clefs de la Côte d'Ivoire qui ont refusé de se placer sous l'autorité du président ivoirien démocratiquement élu Alassane Ouattara. Le Conseil, sur base de la proposition de la Commission européenne (toujours en attente), devrait aussi étendre les mesures restrictives existantes au gel d'avoirs des autorités ivoiriennes autoproclamées.

L'Union africaine poursuivait les négociations en vue du règlement de la crise en Côte d'Ivoire - la fonction prise en charge par une délégation de la Communauté économique des États d'Afrique orientale (CEDEAO) dont quatre représentants étaient attendus, lundi 3 janvier à Abidjan. La Communauté, qui au début décembre a suspendu la Côte d'Ivoire, a appelé M. Gbagbo à céder le pouvoir à son rival. L'appel a été réitéré lundi par le ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement sierra-léonais, Ibrahim Ben Kargbo, qui a indiqué que M. Gbagbo devait quitter la présidence sans « aucun compromis ». « Nous essayons de favoriser un départ paisible pour lui (M. Gbagbo) afin qu'il puisse quitter ses fonctions dignement », a-t-il précisé avant la rencontre des quatre émissaires de la CEDEAO avec les deux protagonistes de la crise ivoirienne. (A.By.)

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