Bruxelles, 03/01/2011 (Agence Europe) - La castration chirurgicale des porcs devrait être abandonnée le 1er janvier 2018 au plus tard. C'est ce à quoi se sont engagés des représentants d'éleveurs, de l'industrie de la viande, de détaillants, de scientifiques, de vétérinaires et d'ONG de protection animale. Sur invitation de la Commission européenne et de la présidence belge du Conseil des ministres de l'UE, les milieux concernés ont adopté une « déclaration européenne sur les alternatives à la castration chirurgicale des porcs ».
La castration chirurgicale (une intervention « douloureuse », même lorsqu'elle est effectuée sur des porcelets) est pratiquée pour éviter le développement d'un comportement agressif ou sexuel indésirable, ainsi que le développement de l'odeur de verrat. Le goût et l'odeur de la viande de porc sont des critères très importants aux yeux des consommateurs. Diverses autres solutions que la castration chirurgicale sont déjà appliquées au sein et en dehors de l'Union européenne, comme l'élevage de porcs mâles entiers ou la vaccination pour réduire l'odeur de verrat. Dans certains pays, la castration est réalisée avec analgésie et/ou anesthésie afin d'atténuer la douleur. Plusieurs pays se sont déjà engagés dans l'élimination progressive à long terme de la castration chirurgicale des porcs.
La déclaration souligne que dans un premier temps, et à compter du 1er janvier 2012, la castration chirurgicale des porcs sera effectuée, le cas échéant, avec analgésie et/ou anesthésie prolongée au moyen de méthodes mutuellement reconnues.
Dans un second temps, et à long terme, la castration chirurgicale des porcs devrait être abandonnée le 1er janvier 2018 au plus tard.
Afin d'assurer la mise en œuvre de la suppression de la castration chirurgicale, les outils suivants devront être disponibles et applicables: - méthodes mutuellement reconnues d'évaluation de l'odeur de verrat; - méthodes de référence européennes reconnues de mesure de chacun des composés responsables de l'odeur de verrat; - méthodes de détection rapide de l'odeur de verrat sur les sites d'abattage; - réduction des composés de l'odeur de verrat lors de l'élevage et/ou de la gestion et de l'alimentation des porcs ; - systèmes de production et gestion des mâles entiers pendant l'élevage, le transport et lors de l'abattage, pour réduire au minimum les comportements sexuels et agressifs.
Les coûts afférents à la suppression de la castration chirurgicale seront partagés entre les acteurs économiques de la chaîne porcine.
Toutefois, dans le cas de viande de porc certifiée « spécialité traditionnelle garantie », ou portant mention d'« indications géographiques » et de viande de porc destinée à des produits traditionnels de qualité, « la castration est inévitable pour satisfaire aux normes de qualité actuelles », précise le texte. Enfin, un partenariat européen va être établi afin de permettre le développement des instruments nécessaires à réaliser les objectifs et à s'assurer que les coûts soient partagés justement.
La liste des 18 signataires de cette déclaration est disponible sur Internet (http://www.ec.europa.eu/food/ animal/welfare/farm/docs/castration_pigs_signatories_en.pdf). (L.C.)