Bruxelles, 03/01/2011 (Agence Europe) - S'exprimant sur l'antenne de France Inter dimanche 2 janvier, la ministre française de l'Environnement a préconisé une action européenne en vue d'assurer la mise en œuvre « homogène » de la législation en matière de droits des passagers aériens en Europe. Nathalie Kosciuszko-Morizet a en particulier insisté sur le droit à l'information et l'assistance aux voyageurs, domaines où « on peut faire beaucoup mieux », a-t-elle déclaré. Elle a par ailleurs pris ses distances par rapport à l'application des sanctions, annoncées par Londres, à l'égard des compagnies aériennes et des opérateurs aéroportuaires défaillants en la matière.
« Sur ce sujet, nous avons surtout besoin de davantage de coordination européenne. Une fois qu'un avion est annulé, la responsabilité incombe à la compagnie aérienne qui doit informer le voyageur, l'assister, lui trouver une solution d'acheminement de rechange et éventuellement un hébergement », a estimé Mme Kosciuszko-Morizet, interrogée sur une éventuelle intention de Paris d'imposer des sanctions aux compagnies aériennes n'ayant pas assumé leurs responsabilités. « Cette responsabilité n'est pas assumée de manière homogène par toutes, en particulier par les low cost (les compagnies à bas coût). C'est un sujet sur lequel on doit pouvoir travailler de manière transversale », a-t-elle ajouté. Dimanche 26 décembre, après que la nouvelle vague d'intempéries qui a commencé la veille de Noël et a une fois de plus paralysé le trafic aérien en Europe centrale, le gouvernement britannique a annoncé une réforme profonde de la gestion des aéroports. Le ministre des Transports Peter Hammond a estimé que les opérateurs de l'aéroport de Londres Heathrow ont fortement sous-estimé les besoins en glycol, le dégivrant pour avions, et a annoncé que le gouvernement était « résolu » à réformer « la façon dont les aéroports sont régulés ». Il a notamment critiqué l'incapacité des autorités de l'aviation civile à demander des comptes aux opérateurs aéroportuaires. Au centre de la même polémique sur la responsabilité concernant les stocks de glycol qui a éclaté en France, Mme Kosciuszko-Morizet s'est montrée plus prudente. La ministre française a annoncé l'organisation d'une table ronde avec tous les acteurs du secteur le 13 janvier. Elle aussi précisé qu'une enquête était en cours sur ce qui s'était passé en matière de dégivrage. Les résultats du rapport devraient être connus le 10 janvier. En Belgique aussi, la capacité très limitée des équipes de dégivrage (d'après des informations communiquées aux passagers, le 24 décembre, l'aéroport de Zaventem était en mesure de ne dégivrer que 3 avions par heure) a provoqué de nombreux retards, atteignant parfois 15 heures. La Commission européenne devrait pour sa part examiner les raisons exactes des perturbations hivernales du trafic aérien, au cours d'une réunion avec les responsables des aéroports européens. La date de cette réunion n'a toutefois toujours pas été déterminée. (A.By.)