Bruxelles, 03/01/2011 (Agence Europe) - Un premier constat d'échec pour la mission Rabit (Rapid Border Intervention Teams) de l'agence Frontex ? Samedi 1er janvier, la Grèce, par la voix de son ministre de l'Immigration, Christos Papoutsis, a en effet fait part de son intention de construire une clôture au niveau de sa frontière terrestre avec la Turquie, le principal point de passage des sans-papiers dans l'UE, cela afin de lutter contre l'arrivée de nouveaux immigrants irréguliers. « La société grecque a dépassé ses limites en matière de capacité d'accueil des migrants clandestins. La Grèce n'en peut plus », a affirmé M. Papoutsis. Cette séparation concernerait un tronçon critique de 12,5 kms sis au niveau du fleuve Evros, là où ont précisément été déployées fin octobre 2010 à la demande de la Grèce les équipes du mécanisme Rabit (125 officiers issus de 24 États membres et des pays tiers associés à Schengen, NdlR) pour assurer cette même mission de lutte contre l'immigration illégale.
Peu diserte, la Commission européenne s'est contentée lundi de noter qu'il ne s'agissait pour l'heure que d'une annonce dans la presse, les autorités grecques ne lui ayant pas encore fourni de détails sur les modalités de cette clôture, ni sur son calendrier. Rappelant que le choix de construire une telle séparation relevait de la compétence de chaque État membre, le porte-parole de Mme Malmström a néanmoins implicitement mis en garde les autorités grecques contre ce type de mesures, qui « ne peuvent être que des mesures sur le court-terme » et en aucun cas régler le problème « plus structurel » de l'immigration clandestine. Il a également appelé les États membres à respecter le droit communautaire et international en termes de droits fondamentaux des migrants et de protection internationale des demandeurs d'asile.
Quant à l'efficacité du mécanisme Rabit, la Commission en a souligné les effets jusqu'ici positifs avec une diminution observée entre octobre et novembre 2010 « de 43% du nombre d'immigrés irréguliers ayant traversé la frontière ». Le porte-parole de Mme Malmström a aussi rappelé que la mission Rabit avait été renouvelée jusqu'au 2 mars prochain et refusé pour l'heure tout commentaire sur le rôle que Rabit pourrait jouer si les autorités grecques devaient concrétiser rapidement leur projet de clôture. (Cor.)