login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10240
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/États-unis/dÉveloppement

Des agendas plus convergents que jamais

Bruxelles, 20/10/2010 (Agence Europe) - De mémoire américaine, jamais le développement n'a figuré en aussi bonne place sur l'agenda des États-Unis et la convergence de vues n'a été aussi grande entre l'UE et Washington sur les priorités de leur coopération dans ce domaine, au service de l'agenda multilatéral du président Obama. C'est, de l'avis de Katherine Monahan, nouvelle représentante de l'USAID auprès de l'UE, porteur d'espoir pour une coopération au développement plus efficace au niveau mondial. Elle s'en est ouverte à quelques journalistes européens, mercredi 20 octobre à Bruxelles.

Le nouvel agenda du développement défini par Barack Obama et présenté à New York le 22 septembre au sommet onusien sur les objectifs du millénaire (OMD) « place le développement au même niveau que la diplomatie et la défense », dans l'intérêt de la sécurité nationale et dans l'intérêt du monde. C'est une politique « complexe, novatrice et innovante », et ce à plus d'un titre, a expliqué Mme Monahan.

Désireuse de faire mieux, la politique américaine fait de la coordination entre donateurs et la coopération sur le terrain une priorité, « et c'est là que l'UE a un rôle à jouer ». En 2009, l'UE et les États-Unis ont totalisé « ensemble près de 80% de toute l'aide mondiale et l'UE a assuré les deux tiers de cette aide. Les États-Unis assumeront leur part », car, dans l'esprit de Barack Obama, ce n'est pas seulement « un impératif moral, mais un enjeu stratégique et économique », a-t-elle dit.

La politique américaine cherche à « réengager les institutions multilatérales». La division du travail, essentielle à cet égard « pour être plus sélectif » doit se faire « avec l'UE, le secteur privé et les pays en développement, en tant que véritables partenaires ». Les États-Unis, qui n'en sont qu'à leurs premiers pas, ont « beaucoup à apprendre de l'UE », a souligné la représentante américaine: « Nous sommes très intéressés par les enseignements tirés du code de conduite dont s'est dotée l'UE en 2007 ». Interrogée sur ce qu'elle estime être le domaine d'intervention de prédilection pour la politique de développement américaine, Mme Monahan cite la santé. « Nous avons un avantage comparatif dans ce domaine ».

L'agenda de développement américain est en outre en faveur d'un nouveau modèle opérationnel. « Tous nos efforts visent à alimenter le développement durable à long terme », ce qui suppose de « se concentrer véritablement sur la croissance économique, ce moteur qui alimente le futur et permettra aux pays en développement d'atteindre les OMD ».

La prochaine réunion du dialogue politique régulier UE/États-Unis sur le développement, prévue le 4 novembre au niveau des hauts fonctionnaires, se concentrera sur la sécurité alimentaire, le changement climatique et l'OMD relatif à la santé. Ce sont là les priorités de la coopération transatlantique. Le développement est devenu un sujet récurrent des entretiens entre la secrétaire d'État Hillary Clinton et la haute représentante de l'UE Catherine Ashton et sera à l'ordre du jour du Sommet UE/États-Unis de Lisbonne le 20 novembre, se félicite Mme Monahan, impatiente de connaître les implications du service européen d'action extérieure (SEAE) pour le leadership européen.

« L'UE et les États-Unis n'ont jamais eu des positions aussi convergentes. C'est une période excitante », se réjouit l'Américaine. Elle concède toutefois qu'en matière de financements innovants pour le développement les États-Unis « étudient toutes les options » mais ne « souhaitent pas se concentrer sur une taxe sur les transactions monétaires », car « c'est pour nous une ligne rouge ». (A.N.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES