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Bulletin Quotidien Europe N° 10226
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil Écofin

Les ministres envoient un message de confiance à l'Irlande et au Portugal qui ont annoncé de nouvelles mesures d'austérité

Bruxelles, 30/09/2010 (Agence Europe) - Réunis de manière informelle à Bruxelles, les ministres européens des Finances de la zone euro ont apporté leur soutien, jeudi 30 septembre, aux mesures d'austérité annoncées la veille par le Portugal confronté à une détérioration de sa capacité à refinancer sa dette publique et le jour même par l'Irlande afin de venir au secours de son secteur bancaire. Selon les ministres, la question d'un recours au mécanisme européen de stabilisation financière pour aider ces deux États membres ne se pose même pas.

Portugal. « L'Eurogroupe, tout comme la Commission et la Banque centrale européenne, accueille favorablement les mesures additionnelles de consolidation (budgétaire) adoptées hier par le gouvernement portugais et qui couvrent à la fois 2011 et 2012. Avec ces mesures, des étapes décisives ont été franchies afin d'atteindre les objectifs de déficit public fixés à 7,3% du PIB en 2010 et 4,6% en 2011 », a déclaré le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker. Il a pressé les autorités portugaises à adopter des réformes structurelles « ambitieuses » qui supprimeraient « les rigidités du marché de travail » et amélioreraient « la productivité ».

Annonçant un troisième paquet d'austérité, Lisbonne prévoit, pour début 2011, une diminution de 5% de la masse salariale dans la fonction publique, un gel des retraites ainsi qu'une augmentation de la TVA de 21% et 23%. « Le Portugal n'affronte pas seulement un problème de finances publiques, il doit aussi aller de l'avant avec une série de réformes structurelles fondamentales pour renforcer la productivité », a convenu le ministre des Finances portugais, Fernando Teixeira dos Santos.

Irlande. « La Commission accueille favorablement l'annonce du gouvernement irlandais visant à renforcer la capitalisation du secteur bancaire », a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn. Même s'ils s'avèrent « très élevés », les coûts qu'implique le sauvetage des institutions Allied Irish Bank et Anglo Irish Bank demeurent, selon lui, « encore gérables ». Le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, a annoncé jeudi que le déficit public national exploserait à 32% du PIB, au lieu des 11,6% initialement prévus. Ce triplement des chiffres du déficit est dû à une révision à la hausse du coût du sauvetage d'Anglo Irish Bank, désormais évalué à près de 30 milliards d'euros. Soulignant que cette dépense supplémentaire sera comptabilisée en une seule fois en 2010, M. Rehn a jugé crédible la capacité de l'Irlande à revenir à un déficit public inférieur à 3% d'ici 2014. Pour atteindre cet objectif, Dublin a d'ailleurs annoncé pour novembre un nouveau plan d'austérité sur quatre ans.

« Les résultats de l'Irlande en termes d'ajustement budgétaire ont jusqu'à présent été solides et les mesures de consolidation budgétaires efficaces. C'est pourquoi nous avons confiance dans l'engagement de l'Irlande à produire un programme pluriannuel révisé d'ajustement qui placera son déficit sous la limite de 3% d'ici à 2014 ainsi que ses finances publiques sur une trajectoire durable », a indiqué M. Juncker. De son côté, le commissaire à la Concurrence Joaquín Almunia a déclaré que le plan de restructuration d'Anglo-Irish Bank répondait de manière « claire » aux questions de distorsions de concurrence posées par les montants élevés d'aides d'État en jeu. Prenant note de l'annonce de l'octroi d'une nouvelle aide d'État à Allied Irish Bank, il s'attend à la notification d'une telle aide à la Commission pour approbation.

Interrogés sur l'éventualité d'un recours au mécanisme européen de stabilisation financière pour venir en aide aux deux États membres en difficulté, la Commission et l'Eurogroupe la jugent inutile. « Il est inutile de discuter de n'importe quel type de scénario hypothétique », a coupé court M. Rehn. « Nous pensons que le gouvernement irlandais pourra résoudre son problème sans avoir recours au fonds de sauvetage », avait indiqué M. Juncker, plus tôt le matin. Devant la presse, il a fait le point sur la mise en œuvre opérationnelle de cette facilité financière à qui les agences ont attribué une notation maximale. Il a indiqué que la Belgique et la Slovénie n'en faisaient pas encore partie pour des raisons liées à l'organisation d'élections nationales. (M.B.)

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