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Bulletin Quotidien Europe N° 10215
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Paris et Berlin veulent s'attaquer aux demandes d'asile abusives

Bruxelles, 15/09/2010 (Agence Europe) - Confrontées à une augmentation des demandes d'asile, la France et l'Allemagne ont indiqué, mardi 14 septembre, vouloir modifier les règles européennes en matière d'asile notamment pour empêcher les candidats à l'asile de déposer des demandes infondées. « La France connaît, comme un certain nombre d'autres partenaires, une véritable crise nationale de l'asile (…) Cette situation est intenable», a indiqué le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, à l'issue d'une réunion avec ses collègues européens à Bruxelles. En 2009, la France, second pays de destination au monde, a connu une hausse de 19 % par rapport à 2008 et les demandes d'asile en Allemagne ont augmenté de 25 %. D'où la volonté de Paris et Berlin de « mettre fin au supermarché européen de l'asile », a souligné M. Besson, dénonçant «ceux qui y voient une porte ouverte à l'immigration irrégulière». Il s'est notamment dit partisan de « procédures accélérées pour écarter les demandes manifestement infondées ». Mardi, s'est terminée, à Bruxelles, une conférence ministérielle dédiée à la qualité et à l'efficacité de la politique d'asile. À cette occasion, la Présidence belge et la Commission européenne ont appelé à donner un coup d'accélérateur pour créer un système commun d'asile en 2012 (EUROPE n° 10214). Si la France et l'Allemagne ne sont pas contre des normes communes, cela ne doit pas se faire à n'importe quel prix. « Le droit d'asile ne sera durablement préservé que si les États de l'Union disposent des moyens de dissuader les abus dont il peut faire l'objet », souligne un document commun franco-allemand. Les deux pays mettent en avant le fait que de nouvelles mesures en faveur des demandeurs d'asile ne devraient pas représenter une charge administrative et financière supplémentaire pour les États membres, de même qu'il est inutile de rendre plus complexes les procédures ou rallonger la durée d'examen des demandes d'asile. « Cela ne peut que conduire à encourager les demandes abusives de personnes qui n'ont pas réellement besoin de protection », souligne le document. Paris et Berlin refusent surtout l'instauration d'un mécanisme dérogatoire au règlement de Dublin, qui permettrait de suspendre temporairement le renvoi de demandeurs d'asile dans le premier pays d'accueil au cas où ce pays est confronté à un afflux massif et soudain de migrants. La France et l'Allemagne estiment que la solution se trouve non seulement dans le renforcement des frontières extérieures de l'UE et la lutte contre les réseaux de passeurs, mais aussi dans la mise en place de programmes intra-européens de réinstallation volontaire des réfugiés. Si la suspension de la règle de Dublin est le thème « le plus controversé » en raison de la réticence de plusieurs pays, il va néanmoins « falloir faire des compromis, trouver des accords », a annoncé le secrétaire d'État belge chargé de l'Immigration, Melchior Wathelet. (B.C.)

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