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Bulletin Quotidien Europe N° 10168
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/algÉrie

L'ambassadeur dissipe les malentendus et prône le renforcement de la coopération avec l'UE

Bruxelles, 25/06/2010 (Agence Europe) - La délégation parlementaire pour les relations avec le Maghreb, présidée par Antonio Panzeri (S&D, italien), a reçu en audition, mercredi 23 juin, l'ambassadeur algérien auprès de l'UE, Amar Bendjema, qui a consacré l'essentiel de son intervention à démentir l'impression que son pays cherche à renégocier l'accord d'association avec l'UE.

« Entre la moitié vide du verre et une moitié pleine », il préfère la dernière. Il a, dans cet esprit, évoqué la mise en œuvre de l'accord entré en vigueur en 2005 qui paraît, pour les Algériens, mériter quelques ajustements. La Commission s'est attelée à cette tâche de son côté. L'ambassadeur a indiqué qu'une étude a été lancée pour tirer un premier bilan affirmant déjà que des avancées ont été enregistrées, y compris dans des domaines « souverains » (réforme du secteur pénitentiaire, de la justice, etc.). Il a rappelé que des comités ont été créés pour le suivi des décisions dans l'agriculture, la pêche, la coopération industrielle, le commerce et les services, les transports, les infrastructures, la recherche et l'innovation. Un comité voué à la coopération douanière vient de tenir sa première session, signale l'ambassadeur.

Il note cependant quelques « points gris », notamment dans le constat de fortes pertes fiscales dues au processus de démantèlement tarifaire et à cause d'un calendrier « conçu en 2002 (et) personne ne pouvait alors imaginer que l'Algérie se développerait aussi rapidement: le prix à payer (pour l'ouverture du marché) a doublé », assure M. Bendjema. Autre « point gris»: la libre circulation des personnes. L'ambassadeur a appelé à ne pas négliger « la dimension humaine » de la coopération pour que les « acteurs du développement » puissent contribuer au rapprochement avec l'UE. Il a pris bonne note, par ailleurs, des relations interparlementaires désormais structurées. Une réunion commune aura lieu en novembre prochain.

Au début de son intervention, l'ambassadeur a évoqué la situation politique dans son pays, caractérisée par une « remarquable stabilité ». Au plan économique, « la situation est bonne », a-t-il dit, même si l'Algérie est, elle aussi, affectée par la crise mondiale et la baisse des prix des hydrocarbures. Elle enregistre des taux de croissance appréciables selon l'ambassadeur: 5% l'an dernier, 4,5 % envisagés pour cette année et 7% si l'on ne prenait en compte que la seule activité « hors hydrocarbures », observe M. Bendjema. Cela lui permet de faire constater le dynamisme croissant et de rappeler que l'Algérie, engagée dans un « plan de stabilisation », compte terminer l'immense chantier dans les infrastructures et améliorer les conditions de vie de la population. Le gouvernement fait de la diversification de l'économie un « objectif cardinal » et entend « investir dans les secteurs créateurs de richesses et d'emplois ». La volonté serait aussi de « cibler davantage les PME » et d'être attentif au « taux de mortalité » des entreprises nouvelles. Il ajoute que 40 % des moyens définis sont réservés à la construction d'universités, de cliniques et à une réorientation de l'effort de développement vers les hauts plateaux qui forment un vaste territoire « sous-peuplé », en comparaison des zones côtières, elles, surpeuplées. L'ambassadeur souligne la volonté de « se réapproprier le territoire » et les voies de communication avec les pays voisins. Il évoque, parmi les projets d'investissements en cours ou nouveaux, celui de la construction d'une voie rapide d'est en ouest pour relier les trois pays du Maghreb, le triplement du réseau ferré national et achever son électrification. Il indique également que des projets de routes vers le Mali, le Tchad et bientôt la Mauritanie sont retenus. Il évoque également le gazoduc transaharien en cours de réalisation.

Il convient en réponse à une question de Carmen Romero Lopez (S&D, espagnole), que le commerce inter-maghrébin demeure faible « et pas forcément pour des raisons politiques »: les contacts entre entrepreneurs sont à consolider, affirme l'ambassadeur qui signale qu'une association d'entreprises maghrébines est en train d'être mise en place et une banque d'investissement tuniso-algérienne est en voie de création. Il rappelle aussi que les ministres de l'Énergie des trois pays se sont réunis en début de semaine, avec la participation du commissaire européen à l'Énergie, pour finaliser le projet de « boucle électrique » maghrébine.

En réponse à d'autres questions, il invite à « ni exagérer, ni sous-estimer » la menace terroriste dans la région du Sahel africain. Il a indiqué que l'Algérie, le Mali et le Niger ont créé un État-major commun. Son pays est, a-t-il souligné, « contre le paiement de rançons car cela encourage » les malfaiteurs et crée un « appel d'air ». (F.B.)

 

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