Bruxelles, 23/06/2010 (Agence Europe) - À la veille des Sommets du G8 et du G20, l'UE réaffirme ses intentions. Dans une lettre envoyée mardi 22 juin à leurs collègues du G20, le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne reprennent les positions des Vingt-sept sur les différents sujets tels qu'entérinés dans les conclusions du dernier Conseil européen (voir notamment EUROPE n° 10162).
Le G8 se retrouve à partir de vendredi 25 juin à Huntsville, dans la région de Muskoka, au nord de Toronto, la ville où se réunira le G20 du 26 au 27 juin. Le vendredi, au déjeuner, le G8, évoquera la situation économique globale et certains aspects liés au développement, la présidence canadienne souhaitant que les dirigeants approuvent certaines initiatives en vue de favoriser la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement. Ce point sera aussi abordé dans l'après-midi avec les pays africains (Algérie, Égypte, Afrique du Sud, Nigéria, Sénégal, Éthiopie notamment). Au dîner, le G8 discutera de gouvernance globale et de la place des économies émergentes. Le lendemain, il sera question de sécurité, avec les dossiers iranien, nord-coréen et du Moyen-Orient. Le 26 au soir, c'est à Toronto que le G20 se retrouvera, avec pour sujet principal: l'économie mondiale et les stratégies de sortie de la crise. Le 27, la session de travail se focalisera sur les déséquilibres globaux et les institutions financières internationales (un point qui reviendra sur la table en novembre à Séoul). Le déjeuner sera consacré à la lutte contre le changement climatique.
« Assurer une croissance forte et durable reste notre priorité », rappellent dans leur lettre Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, qui insistent sur les risques importants qu'une sortie tardive des mesures budgétaires extraordinaires de relance entraînerait pour la viabilité des comptes publics. Dans la lignée des objectifs affichés lors du dernier Conseil européen, les deux dirigeants préconisent au G20 de se mettre d'accord sur « une stratégie de sortie coordonnée et différenciée pour assurer la viabilité des finances publiques ». Tout en reconnaissant que « le calendrier, la séquence et la portée des mesures doivent être adaptées aux conditions qui prévalent dans les (pays) membres du G20 », ils plaident pour qu'une consolidation budgétaire substantielle commence au plus tard en 2011. De leur côté, les Européens répètent qu'ils sont prêts à atteindre leur objectifs budgétaires « sans délai » et que les États membres prendront, si nécessaire, des mesures supplémentaires pour accélérer l'assainissement des finances publiques.
Les marchés financiers doivent être réformés de manière « cohérente et coordonnée » et les Européens se font forts d'assurer un partage équitable des coûts de la crise, au moyen d'un prélèvement sur les institutions financières. Malgré les réticences de plusieurs partenaires du G20 sur cette question, le travail doit se poursuivre au plan international pour assurer une égalité de traitement au niveau mondial (« level playing field »). L'introduction d'une taxe sur les transactions financières devrait aussi être explorée dans ce contexte, espèrent MM. Van Rompuy et Barroso. (A.B.)