Bruxelles, 23/06/2010 (Agence Europe) - En l'absence d'accord avec Minsk, le gazier russe Gazprom, qui avait déjà réduit progressivement ses livraisons de gaz au Bélarus depuis lundi, est passé à 60% de réduction mercredi 23 juin au matin, avertissant qu'il réduira prochainement de 85% si aucun terrain d'entente n'est trouvé. Selon la Commission européenne, le conflit commercial entre le Bélarus et la Russie, qui se réclament mutuellement 200 millions de dollars, le premier pour le non paiement des frais de transit, la seconde pour le non paiement des livraisons, n'a pour le moment pas d'impact sur l'approvisionnement énergétique de l'UE, en particulier de la Lituanie, de la Pologne et de l'Allemagne, jugés comme les pays les plus vulnérables à l'arrêt du transit du gaz russe par le Bélarus. Au nom du commissaire à l'Énergie, Günther Oettinger, sa porte-parole Marlene Holzner a assuré que la Commission était en contact avec les autorités nationales de ces trois pays. « La Pologne et la Lituanie nous ont dit qu'il n'y avait pas d'interruption de gaz. Ils reçoivent le même volume que d'habitude. Cela veut aussi dire que tout va bien pour l'Allemagne, car le gaz qui lui est destiné transite par la Pologne », a précisé Mme Holzner. « L'Europe ne doit pas être prise en otage dans le conflit gazier qui oppose la Russie et le Bélarus. Nous demandons aux deux parties de coopérer de bonne foi pour résoudre le problème. La Commission s'attend à ce que les flux gaziers vers l'UE en provenance de Russie ne soient pas affectés, qu'ils demeurent ininterrompus en direction de tous les États européens concernés, et que les obligations contractuelles soient respectées », a fait valoir mardi le commissaire Oettinger, lors d'entretiens téléphoniques avec le ministre russe de l'Énergie, Serguei Chmatko et le vice-Premier ministre bélarusse Vladimir Semachko. La Commission a proposé d'aider les deux parties à dialoguer. (E.H.)