Bruxelles, 12/05/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne et la Banque centrale européenne (BCE) ont constaté, mercredi 12 mai, que l'Estonie remplissait l'ensemble des critères nécessaires pour rejoindre la zone euro. Dans leur rapport 2010 sur la convergence, qui analyse les progrès réalisés sur la voie de l'euro par les pays faisant l'objet d'une dérogation (hormis le Royaume-Uni et le Danemark qui bénéficient d'un véritable « opt-out », tous les autres États de l'UE sont tenus d'adopter l'euro), ils plaident donc pour une adhésion de l'Estonie dans la zone euro au 1er janvier 2011. Le Conseil ÉCOFIN se prononcera sur l'adhésion en juillet, après avoir reçu le feu vert des chefs d'État et l'avis du Parlement européen.
L'élargissement de la zone euro à l'Estonie montre la confiance de l'Europe en l'avenir, mais cette décision se fonde « sur des critères objectifs très stricts », a insisté José Manuel Barroso. « C'est un signal très fort », estime pour sa part Olli Rehn, qui « souligne le rôle de l'euro comme ancrage politique à moyen terme » et « confirme que des efforts soutenus et un long bilan de politiques axées sur la stabilité produisent des résultats concrets ». L'Estonie a mis en place une politique de taux de change stable depuis 1992, donc bien avant de participer à l'ERM II (qu'elle a intégré le 28 juin 2004), a souligné le commissaire chargé des Affaires économiques et monétaires. Pour l'année 2009, le déficit est à 1,7% du PIB, donc bien loin des 3% (malgré une chute - sans précédent - de 15 % du PIB nominal), et « le niveau de la dette publique est exceptionnel », a renchéri M. Rehn. Elle est même virtuellement inexistante, puisque pour l'UE la moyenne est de 75% du PIB, alors qu'en Estonie le ratio était de 7,2% en 2009. Sur la période de 12 mois qui s'est terminée en mars 2010, le taux d'inflation moyen de l'Estonie a été de -0,7 %, bien en dessous donc de la valeur de référence fixée à 1,0 % pour ce même mois, et il devrait se maintenir sous cette valeur dans les mois à venir. Enfin, analyse la Commission, le critère des taux d'intérêt à long terme n'est pas directement applicable dans le cas de l'Estonie, car elle ne dispose pas d'obligations de référence à long terme, ou d'autres titres comparables, pour évaluer le caractère durable de la convergence des taux (sa dette publique brute se situant à un niveau très faible). Les progrès effectués par les huit autres États membres évalués dans le rapport (Bulgarie, Lettonie, Lituanie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Suède et République tchèque) sont inégaux et aucun ne respecte tous les critères. Le rapport est disponible sur: http://www.ec.europa.eu/economy_finance/articles/eu_economic_situation /2010-05-12-convergence_report_2010_en.htm. (A.B.)