Bruxelles, 10/05/2010 (Agence Europe) - Le Parlement européen a estimé, mercredi 5 mai, en adoptant (488 voix pour, 48 contre et 57 abstentions) une résolution commune à six groupes politiques, que le respect des objectifs de l'Union européenne fixés par la directive-cadre sur l'eau (à savoir l'obtention d'un bon état chimique pour les ressources en eau et la protection de ces ressources et de la diversité biologique) ne pourra être assuré que si les technologies minières à base de cyanure sont interdites. Le cyanure est une substance chimique extrêmement toxique utilisée dans l'industrie de l'extraction de l'or. Les parlementaires font valoir qu'il existe et qu'il faut mettre en œuvre des solutions de rechange à l'exploitation minière au cyanure.
Le PE n'oublie pas qu'il y a dix ans, 100 000 mètres cubes d'eau polluée au cyanure ont été déversés d'un réservoir d'une mine d'or dans le réseau fluvial formé par la Tisza et le Danube, provoquant ainsi la plus grande catastrophe écologique que l'Europe centrale ait connue jusqu'alors. L'UE avait renforcé sa législation, sans toutefois interdire l'utilisation du cyanure pour extraire l'or dans les mines. Le PE s'inquiète que « plusieurs États membres » de l'Union européenne examinent encore de nouveaux projets de mines d'or à ciel ouvert à grande échelle entraînant un recours aux technologies au cyanure dans des zones densément peuplées, « ce qui implique de nouvelles menaces potentielles pour la santé humaine et l'environnement ».
Le PE invite la Commission à: - mettre en place une interdiction totale de l'utilisation des technologies à base de cyanure dans l'industrie minière de l'Union européenne avant la fin 2011, « seul moyen fiable de protéger nos ressources en eau et nos écosystèmes contre la pollution au cyanure générée par les activités minières ». La Commission et les États membres sont invités à ne pas soutenir de projets miniers mettant en œuvre des technologies à base de cyanure dans l'Union européenne, jusqu'à l'entrée en vigueur de l'interdiction générale, et à faire de même dans les pays tiers ; - encourager la reconversion industrielle des zones dans lesquelles l'utilisation du cyanure dans l'industrie minière a été interdite, en apportant un soutien financier approprié aux industries vertes de substitution, aux énergies renouvelables et au tourisme ; - proposer une modification de la législation en vigueur sur la gestion des déchets des industries extractives tendant à ce que toutes les sociétés d'exploitation soient tenues de souscrire une assurance leur permettant de réparer les dommages causés et de prendre en charge les frais d'assainissement nécessaires pour rétablir l'état écologique et chimique d'origine d'un site en cas d'accident ou de défaillance. (L.C.)