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Bulletin Quotidien Europe N° 10137
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Économie

Alain Lamassoure estime que la sortie par le haut de cette crise passe par « plus d'Europe et par la solidarité européenne »

Bruxelles, 10/05/2010 (Agence Europe) - « Le 9 mai 2010 restera le jour du lancement d'un nouveau plan Schuman. C'est une très bonne nouvelle pour l'Europe, c'est un nouveau chantier qui s'ouvre », a déclaré, lundi 10 mai, le parlementaire européen Alain Lamassoure (PPE, français), lors d'une conférence de presse à Bruxelles sur les idées qu'il propose pour le financement des politiques européennes après la crise grecque et avant l'adoption de la stratégie EUROPE 2020.

Le plan Schuman du 9 mai 1950 lançait une initiative de longue haleine par un « pool » (une mise en commun) du charbon et de l'acier, « et ce qui se met en place aujourd'hui, c'est le pool financier. Et ce pool financier va appeler de nouveaux développements économiques et budgétaires », a fait valoir Alain Lamassoure, qui a présenté des propositions en son nom, n'engageant ni le PPE, ni la commission des budgets du PE, qu'il préside. Alain Lamassoure a estimé que les événements de ce week-end montrent que les traités européens contiennent désormais « toute la panoplie nécessaire pour répondre à la volonté politique des dirigeants de l'UE ». « Pendant dix ans, chaque fois qu'il y avait des décisions importantes à prendre, on se heurtait à la difficulté des lacunes et insuffisances du traité, ou on recourait à l'alibi des insuffisances des institutions. C'est fini, on ne le peut plus ». Il observe, « avec un certain amusement », que soudain les dirigeants européens découvrent l'existence de l'article 122 du traité sur le fonctionnement de l'UE (ancien article 100), qui permet dans des circonstances exceptionnelles de faire jouer la solidarité financière de l'Union. La priorité absolue doit être donnée aujourd'hui à la réussite de ce plan et à la prévention d'une nouvelle crise systémique, admet M. Lamassoure.

Il propose d'ouvrir un débat sur les conséquences à tirer sur les politiques économiques au sein de l'UE, et de préparer le passage du plan actuel (plan de solidarité entre pays européens) à la phase suivante, la « solidarité européenne » (au niveau de l'UE). « Il faut préparer les développements futurs de ce pool financier en un pool économique et en un pool budgétaire », et voici ses propositions: 1) la crise financière n'est qu'un révélateur de la crise économique dans laquelle est engagée l'UE depuis une dizaine d'années et qui est l'expression de l'échec des modèles économiques d'environ une vingtaine de pays européens. 2) On se rend compte qu'il y a trois catégories de pays de l'UE qui doivent revoir en profondeur leur modèle économique. Les pays « cigale », comme la Grèce, qui ont vécu très au dessus de leurs moyens en allant jusqu'à maquiller leurs comptes et en abusant de l'aide généreuse dont ils ont bénéficié de la part de l'UE au titre des fonds structurels et des aides directes. Les pays « escargot », dont les trois plus importants sont malheureusement les trois premières économies de l'Europe continentale (France, Allemagne et Italie). Ces pays connaissent une croissance proche de zéro depuis l'an 2000 et ont un potentiel de croissance qui ne devrait pas dépasser 1,5% du PIB par an jusqu'en 2020: « Situation qui est économiquement, financièrement, budgétairement, politiquement insupportable », selon Alain Lamassoure. Et il y a enfin des pays qui, encore il y a deux ans, apparaissaient comme les élèves modèles de l'UE, comme l'Irlande, le Royaume-Uni, l'Espagne, dont on se rend compte aujourd'hui que les taux de croissance qu'ils avaient reposaient en fait sur un modèle qui n'était pas durable. 3) « La sortie par le haut de cette crise des finances publiques passe par plus d'Europe et par la solidarité européenne, et non pas par le repli sur soi ». 4) Cela suppose de se donner comme objectif unique au titre de la stratégie EUROPE 2020 « le doublement du potentiel de croissance des pays de l'UE ». Les dirigeants européens, lorsqu'ils adopteront cette stratégie, devront rendre ce projet crédible en mettant en face des priorités les moyens financiers permettant de financer ces priorités et d'atteindre l'objectif d'un doublement du potentiel de croissance. 5) Il faut compléter ce qui se met petit à petit en place depuis quelques mois pour organiser ce gouvernement économique de l'UE (coordination des politiques économiques) par l'implication des parlements nationaux, ceci afin de passer du pool financier au pool économique (« Il faut que nous discutions ensemble nos modèles de croissance, du contenu de nos politiques économiques et pas uniquement des soldes budgétaires ») et au pool budgétaire (« Nous ne pourrons pas, dans les dix années qui viennent, doubler ou tripler le budget communautaire. Mais si nous voulons être crédibles, il faut mettre sur la table les moyens pour financer la stratégie EUROPE 2020 »). 6) Il faut mettre en place des mécanismes permettant de coordonner les politiques économiques et budgétaires et commencer à réfléchir à la manière de passer de cette solidarité entre États européens à une véritable solidarité européenne qui devra comporter un minimum de financements communautaires. 7) On ne peut plus fonctionner avec un budget communautaire qui est financé par les budgets nationaux. Il faut trouver d'autres sources d'approvisionnement du budget communautaire. (L.C.)

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