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Bulletin Quotidien Europe N° 10137
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/conseil audiovisuel

Europeana doit se développer plus rapidement et recevoir un financement adéquat - L'Italie signe un accord avec Google Books pour la numérisation des fonds de deux bibliothèques publiques

Bruxelles, 10/05/2010 (Agence Europe) - Le Conseil des ministres de l'UE a adopté, lundi 10 mai, des conclusions décrivant les prochaines étapes à suivre concernant le développement de la bibliothèque numérique européenne Europeana. Se félicitant de l'intérêt suscité par l'initiative auprès des délégations et de leur soutien par rapport aux initiatives de la Commission, la commissaire responsable de l'agenda numérique, Neelie Kroes, a indiqué qu'Europeana sera l'un des éléments clés de l'agenda numérique que la Commission doit adopter prochainement. Il faudra investir pour que le matériel soit accessible et disponible pour tous, a-t-elle souligné. « Si on n'agit pas, le développement se fera ailleurs, en dehors de l'Europe. On doit être à l'avant-garde », a-t-elle prévenu. Elle s'est réjouie du consensus qui s'est dégagé entre le Conseil et la Commission à propos des solutions à apporter aux défis qui se posent, en matière de droits d'auteur et de financements notamment.

Soulignant qu'Europeana est une excellente initiative, qui permet un accès en ligne et sous un seul portail à une multitude de biens culturels provenant de toute l'Europe, les conclusions adoptées par le Conseil affirment qu'il est nécessaire qu'Europeana continue d'améliorer son site, notamment en présentant les pièces numérisées de manière plus attrayante, en améliorant les fonctions de recherche et en assurant une fonctionnalité pleinement multilingue. Étant donné l'objectif fixé d'arriver à 10 millions d'œuvres numérisées disponibles en ligne à la fin 2010, le Conseil estime indispensable d'alimenter plus rapidement le fonds disponible et incite tous les États membres à participer à cette initiative pour assurer une répartition géographique plus équilibrée (la France participe à elle seule pour plus de la moitié du fonds, NdlR). Davantage d'importance devrait en outre être accordée à la numérisation d'œuvres audio, dont la conservation est très fragile et dont la numérisation serait un moyen exceptionnel de les conserver et de les rendre disponibles pour tout un chacun. Le Conseil se réjouit de la création d'un groupe de réflexion (« comité des sages ») par la Commission, après en avoir fait la proposition lors de la dernière session du Conseil conjoint Éducation, Jeunesse, Culture, le 27 novembre, à l'initiative de la France. Ce comité est chargé plus particulièrement d'examiner les partenariats publics-privés à mettre en œuvre pour encourager le développement d'Europeana. Les États membres invitent le comité des sages à se mettre rapidement au travail, à entreprendre de larges consultations, à mettre à profit les contributions que lui verseront les États membres et les parties prenantes, et à fournir régulièrement des informations sur l'avancée de ses travaux. Le Conseil est conscient qu'un enrichissement permanent et équilibré d'Europeana posera de façon de plus en plus aigüe des problèmes de respect des droits de propriété intellectuelle pour les œuvres orphelines, et épuisées, droits qui diffèrent d'un État membre à l'autre, et demande de rapides progrès pour ne pas que ces problèmes ne freinent le développement d'Europeana. Pour rappel, la Commission élabore actuellement une proposition afin d'harmoniser les droits de propriété intellectuelle et de faciliter ainsi le processus de numérisation de ces œuvres particulières. Jusqu'à la mi-2011, Europeana est cofinancée par la Commission et plusieurs États membres (France, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Espagne, Finlande, Irlande, Lituanie et Hongrie). Le Conseil invite enfin la Commission à présenter une proposition pour un financement durable d'Europeana à long terme, ainsi qu'un cadre conceptuel pour faire d'Europeana un outil de référence numérique essentiel.

En marge des discussions, l'Italie a annoncé avoir conclu un accord non exclusif avec Google Books pour la numérisation des œuvres répertoriées dans deux des plus importantes bibliothèques nationales italiennes (Biblioteca Nazionale Centrale di Firenze et la Biblioteca Nazionale Centrale di Roma). Le processus concerne jusqu'à un million d'œuvres entrées dans le domaine public (qui ne sont plus soumises au copyright). L'opération de numérisation et les coûts seront pris en charge par Google et le fonds numérisé viendra enrichir la base de données d'Europeana. De son côté, Google pourra utiliser et disséminer gratuitement les œuvres italiennes qu'il aura scannées, contribuant à faire connaître plus largement la culture italienne, s'est félicité l'Italie. C'est la première fois qu'un tel accord est conclu entre Google Books et le ministère de la culture d'un État membre.

Par ailleurs, les ministres et les commissaires Kroes et Vassiliou ont eu une discussion informelle au cours du déjeuner sur le thème de la numérisation des œuvres cinématographiques. Tous se sont montrés unanimes sur la nécessité de protéger les petites salles de cinéma, qui présentent souvent des œuvres d'art et d'essai d'une grande valeur culturelle. Celles-ci n'ont pas, en effet, les moyens de s'équiper pleinement pour la numérisation des œuvres, et risquent donc de disparaître graduellement au profit des grands complexes cinématographiques qui diffusent des œuvres grand public, souvent des productions américaines. « On partage tous la même analyse des problèmes et on est tous d'accord pour dire qu'il faut une action coordonnée si on veut préserver la diversité culturelle dans ce secteur », a affirmé Androulla Vassiliou. (I.L.)

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