Bruxelles, 13/04/2010 (Agence Europe) - De nombreuses manifestations de cheminots se sont déroulées, mardi 13 avril, dans plusieurs pays européens à l'occasion de la journée d'action lancée par ETF (Fédération européenne des travailleurs des transports), pour protester contre la libéralisation du secteur ferroviaire en Europe. Deux manifestations distinctes ont notamment eu lieu à Lille, où, selon l'AFP, au début de la matinée 80 personnes venues à l'appel de l'ETF et des syndicats français (CGT et CFDT) se sont rassemblées devant la gare internationale de Lille Europe. Une deuxième manifestation a eu lieu en fin de matinée, avec environ 200 personnes venues du Royaume-Uni, de la Grèce et du Portugal, à l'appel de la fédération Sud Rail et du syndicat britannique RMT.
« La politique ferroviaire européenne se focalise sur la concurrence et (sur) la destruction des chemins de fer intégrés », a estimé, le 11 avril, Sabine Trier, la secrétaire générale de l'ETF dans un communiqué qui annonçait la journée d'action. Mme Trier a par la suite précisé que l'ETF plaidait pour un système de chemins de fer « intégré » (excluant la séparation entre les gestionnaires d'infrastructures et les opérateurs) qui fournirait « des services ferroviaires publics accessibles et à prix abordable ». « Alors que la politique (européenne) est focalisée davantage sur l'ouverture à la concurrence et sur l'interopérabilité, la question de la sécurité ferroviaire risque de ne pas y trouver sa place », a-t-elle précisé par la suite à EUROPE. L'ETF craint en effet que les politiques ferroviaires poursuivies par la Commission européenne, qui envisage notamment de présenter avant la fin de l'année une communication sur la libéralisation des services ferroviaires nationaux, ne mènent à la destruction des compagnies ferroviaires traditionnelles, affaiblissent la qualité des services publics et compliquent davantage les conditions de travail des employés du secteur. Selon Mme Trier, dans la plupart des États membres de l'UE, la pression ne cesse de s'accroître sur les cheminots. Résultat de la crise financière et de la réallocation des fonds au profit des plans de restructuration qui ont suivi, 55 000 emplois dans dix États membres de la fédération sont voués à disparaître, a-t-elle ajouté. Les syndicats de douze États (Autriche, Belgique, Bulgarie, France, Allemagne, Hongrie, Luxembourg, Italie, Espagne, Serbie, Suisse et la Turquie) ont participé à la journée d'action. Une délégation de l'ETF, avec des représentants des syndicats belge, français et britannique, a été reçue à l'Agence ferroviaire européenne. (A.By.)