Bruxelles, 13/04/2010 (Agence Europe) - Le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Thomas Hammarberg, a sollicité, lundi 12 avril, la Commission européenne pour qu'elle agisse davantage en faveur des populations roms en Europe et dans les Balkans. « Nous avons beaucoup de conférences, mais très peu de progrès sur le problème des Roms », a-t-il déclaré, juste avant sa rencontre avec les commissaires européens Štefan Füle, chargé de l'Élargissement et de la Politique européenne de voisinage, et Viviane Reding, chargée de la Justice, des Droits fondamentaux et de la Citoyenneté. Le deuxième Sommet européen sur les actions et les politiques en faveur de la population gitane a eu lieu, le 8 avril, à Cordoue (EUROPE n° 10113). De l'avis de M. Hammarberg, les conclusions de cet événement ne sont une nouvelle fois pas suffisamment convaincantes. « Le fossé entre la réalité et la rhétorique est trop grand. Nous ne pouvons pas avoir des discussions abstraites alors que les Roms vivent dans des conditions de pauvreté avancée. Il est désormais temps que nous fassions les choses sérieusement. Des actions très concrètes doivent être prises », a indiqué M. Hammarberg, lequel revient d'une visite officielle de quatre jours en Croatie où il a notamment pu se rendre compte des mauvaises conditions de vie des Roms. « L'Union européenne peut faire davantage dans la mesure où beaucoup de ces personnes sont actuellement des citoyens de l'Union » et des pays candidats, a estimé le commissaire. En premier lieu, l'Union pourrait mettre plus de « pression politique » sur certains pays pour qu'ils donnent des papiers d'identité à ces gens qui sont actuellement sans nationalité. Selon M. Hammarberg, l'UE pourrait également aider financièrement le Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies dans les Balkans. Il s'agit aussi de soutenir politiquement le HCR dans la mesure où beaucoup de problèmes sont dus au manque de coopération des autorités nationales et locales. Environ 9 millions de Roms vivent sur le territoire de l'Union européenne et 2 à 3 millions dans les autres pays, dont les Balkans. (B.C.)