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Bulletin Quotidien Europe N° 10102
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/agriculture

La PAC devra s'adapter pour être en mesure de répondre aux nouveaux défis

Bruxelles, 19/03/2010 (Agence Europe) - La commission de l'agriculture du Parlement européen a organisé, mercredi 17 mars, une audition sur l'avenir de la politique agricole commune (PAC) après 2013, soit après la fin du cadre financier actuel de l'UE (2007-2013). De nombreux intervenants, qu'ils soient parlementaires, représentants des organisations agricoles ou experts, ont préconisé de: - maintenir une politique commune, et donc de ne pas introduire un cofinancement de ces dépenses ; - conserver certains outils (mesures de marché pour répondre à la volatilité des prix) ; - récompenser les agriculteurs pour les bienfaits environnementaux qu'ils apporteront (préservation et restauration des sols, gestion de la qualité de l'eau, préservation de la biodiversité des terres).

Paolo de Castro le président de la commission de l'agriculture du PE, a estimé qu'il faudra poursuivre à l'avenir le travail de « modernisation de la PAC » qui a débuté il y a une quinzaine d'années et engager une « réforme ambitieuse pour valoriser les produits et les territoires ruraux ». Il a rappelé que les agriculteurs fournissent aussi des biens publics. Enfin, il a appelé de ses vœux la définition, pour l'avenir, d'une PAC « qui sera à la hauteur de tous les défis que notre société doit affronter ».

Pour George Lyon (ADLE, britannique), le rapporteur du PE sur l'avenir de la PAC, a identifié trois défis principaux: - relever la crise économique et financière, « avec la pression que cela a sur les questions budgétaires et sur combien il faudra accorder au budget de l'UE et aux dépenses agricoles » ; - assurer une égalité de traitement des agriculteurs dans tous les États membres ; - doubler la production agricole dans les trente années à venir pour répondre à la demande alimentaire croissante (la population mondiale devrait passer de 6 à 9 milliards d'ici 2050). Il s'agit du problème de la sécurité alimentaire, avec des contraintes environnementales très importantes (terres, eau, énergie, sauvegarde de la biodiversité…).

Le représentant de la Commission européenne, Tassos Haniotis (DG Agriculture), a estimé tout d'abord que la PAC doit rester une politique commune et conserver ses deux piliers (aides directes et dépenses de marché d'un côté, développement rural de l'autre) à condition qu'elle s'adapte aux nouveaux défis. La PAC devra, à l'avenir, « s'adapter aux effets combinés de la crise économique et des changements climatiques, dans un contexte de ressources budgétaires dont la hausse reste limitée ». Il a plaidé en résumé pour conserver un filet de sécurité (certaines mesures de marché) en cas de crise et maintenir les paiements directs aux agriculteurs, « tout en parvenant à une plus grande harmonisation des niveaux de soutien » (en se débarrassant progressivement des références historiques qui déterminent encore largement le niveau de aides). Plusieurs questions se posent s'agissant de cette « convergence » des niveaux des aides directes: calendrier, prise en compte des handicaps naturels et « réduction de l'écart entre le statu quo et un système uniquement forfaitaire ». Il faudra aussi permettre aux États membres de « choisir dans une boîte à outils » les mesures (y compris les paiements directs) permettant d'améliorer l'environnement, la rentabilité des entreprises et de maintenir les communautés rurales, selon la Commission.

Gerd Sonnleitner, le vice-président du COPA (Comité des organisations professionnelles agricoles de l'UE), a rappelé que « la PAC a déjà été modernisée quatre fois depuis 2003 ». « La structure de base de la PAC, avec deux piliers et un financement adéquat, doit être maintenue », a-t-il plaidé. À l'avenir, il faudra « tout faire pour accroître la compétitivité des agriculteurs et nous aurons besoin de mesures spécifiques pour maîtriser la volatilité des prix et faire face au défi du réchauffement climatique », a déclaré M. Sonnleitner. Il a préconisé notamment un « filet de sécurité » pour compenser les pertes de revenu et des mesures permettant d'écouler les marchandises. La PAC est souvent considérée comme trop chère, a-t-il rappelé. Il faut donc insister sur les bienfaits de la PAC (aliments de qualité, maintien des territoires…).

Selon Rafael Hernandez, de la Coordination européenne « Via Campesina », la PAC a échoué. Il a proposé une « politique agricole et alimentaire commune » (PAAC) fondée sur la « souveraineté alimentaire ». Une PAAC qui donnerait la priorité à l'accès à l'alimentation pour tous, au développement de l'emploi paysan par la défense des prix et une juste répartition des aides publiques, et qui s'attacherait à répondre au défi du réchauffement climatique et de la protection de l'environnement.

Peter Kendall, président du syndicat national (britannique) des agriculteurs (National Farmers Union), a demandé que l'UE donne aux agriculteurs la stabilité dont ils ont besoin pour planifier leurs investissements. Au Royaume-Uni, les agriculteurs disent souvent qu'ils ne veulent pas dépendre ad vitam aeternam des aides directes européennes. Mais depuis la crise, « nous avons besoin de ces aides, et, je crains, encore pendant longtemps », a-t-il admis. « Il faut réfléchir à la manière dont nous pouvons écouler nos excédents », a-t-il souligné aussi.

Pour Albert Jan Maat, président du LTO (Pays-Bas) et ancien député au Parlement européen, la PAC a besoin de conserver après 2013 un budget suffisant. Cette PAC reformée devrait permettre de « rétribuer » les agriculteurs pour les biens publics qu'ils fournissent. Il faut éviter de continuer à morceler le paysage agricole, a-t-il dit par ailleurs, et il a préconisé des mesures de marché dans le secteur des céréales.

Arlindo Cunha, ancien député au Parlement européen, aujourd'hui spécialiste universitaire de la PAC, a évoqué les enjeux de la PAC, notamment la réforme du régime de paiement unique et des mécanismes de marché. (L.C.)

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