Bruxelles, 09/03/2010 (Agence Europe) - Dans une volonté de défendre des accords importants pour la lutte contre le terrorisme, à l'instar du PNR UE/États-Unis, l'administration américaine tente de rassurer le Parlement européen sur la défense des principes en matière de protection des données. Avant de se rendre dans les capitales européennes, Mary Ellen Callahan, chargée des questions liées à la protection de la vie privée au département américain de la Sécurité intérieure, s'est rendue mardi 9 mars à Strasbourg où les députés sont actuellement réunis en session plénière, « pour des entretiens sur la protection de la vie privée et sur les derniers développements sur les transferts des données des passagers des compagnies aériennes (PNR) ». Le Parlement européen a proposé, la semaine dernière, de repousser à l'automne son vote de consentement sur l'accord entre l'UE et les États-Unis relatif au PNR (EUROPE n° 10092). Si le Parlement européen refusait cet accord, le flux des données ne pourrait plus se poursuivre, risquant ainsi de clouer les avions au sol. « Ce n'est pas mon travail de dire au Parlement européen ce qu'il a à faire. Je peux seulement dire que nous sommes très en faveur de l'accord PNR car nous pensons qu'il a permis de donner des résultats dans la lutte contre le terrorisme et les crimes graves », a-t-elle déclaré. Les données du fichier PNR ont permis de détecter « un tiers » des centaines de terroristes potentiels identifiés par les États-Unis l'année dernière, a-t-elle souligné au cours d'une rencontre organisée par « The Center », à Bruxelles. Mme Callahan a insisté en disant qu'elle n'était pas là pour faire du « lobbiyng », mais que le but était davantage d'informer les députés à propos des mesures de protection des données incluses dans l'accord. Elle a rappelé que des conditions très strictes s'appliquaient quant à l'utilisation des données et à leur partage avec les autres agences gouvernementales chargées des enquêtes sur le terrorisme et les crimes graves, telles que le FBI. Au total, les informations tirées du PNR ont été partagées 216 fois l'an dernier, notamment en direction du département de la Justice. Depuis six ans que l'UE transmet les données des passagers aux États-Unis, « aucune allégation » de mauvaise utilisation des données PNR n'est apparue, a-t-elle souligné. La Commission européenne dévoilera prochainement une évaluation conjointe, réalisée avec les Américains, sur l'utilisation du PNR. (B.C.)