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Bulletin Quotidien Europe N° 10094
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/culture

La Commission propose que le « Label du patrimoine européen » devienne une initiative communautaire à part entière

Bruxelles, 09/03/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a adopté, mardi 9 mars, une proposition visant à transformer le « Label du patrimoine européen», une initiative dont le but est d'attirer l'attention sur les sites qui célèbrent et symbolisent l'intégration européenne, en une initiative communautaire. À ce jour, soixante-quatre sites, situés dans dix-sept États membres de l'UE de même qu'en Suisse, ont obtenu le label. Le label du patrimoine européen se distingue d'autres initiatives en matière de patrimoine culturel telles que la liste du patrimoine mondial de l'Unesco ou les « itinéraires culturels européens » du Conseil de l'Europe pour plusieurs raisons, souligne la Commission. D'une part, il désigne les sites qui ont joué un rôle essentiel dans l'histoire de l'Union européenne. D'autre part, il sélectionne des sites en fonction de leur symbolisme plutôt que de leur beauté ou de leur qualité architecturale. Enfin, il met en avant la dimension éducative, en particulier pour les jeunes. « Je pense que le label va renforcer le sentiment d'appartenance à l'Union européenne et promouvoir la connaissance culturelle (…) Le bénéfice essentiel sera d'offrir de nouvelles possibilités d'apprendre quelque chose sur notre patrimoine commun (…) Cela permettra aussi d'améliorer le tourisme culturel », a commenté Androulla Vassiliou, commissaire responsable de l'éducation, la culture, le multilinguisme et la jeunesse.

Le rapport d'analyse d'impact réalisé l'an dernier par la Commission a montré que les premiers effets directs du label du patrimoine européen seront sociaux et sociétaux. La pérennisation du label garantira, par exemple, une plus grande accessibilité des sites patrimoniaux, éveillera l'intérêt pour le patrimoine européen commun et améliorera les connaissances des citoyens à ce sujet. Il induira également une meilleure compréhension de la diversité culturelle européenne, un renforcement du dialogue interculturel et un plus grand sentiment d'appartenance à l'Union européenne. Sur le plan économique, le projet apportera également des bénéfices dans la mesure où la mise en évidence des sites repris sur la liste aura des retombées positives sur le tourisme local, y compris l'emploi. Au-delà de l'objectif d'éveiller la fierté des citoyens quant à leur histoire et leur patrimoine, il s'agit de souligner de manière ostensible l'intérêt des sites qui ont marqué l'histoire et la construction européenne et de les mettre en valeur. On trouve actuellement sur la liste, par exemple, l'Acropole à Athènes, le Capitole à Rome, les fortifications à Nicosie, l'Abbaye de Cluny, le chantier naval de Gdansk (où fut créé Solidarnosc) ou encore le site archéologique d'Istrie. Les citoyens seront amenés à mieux comprendre la construction de l'Europe ainsi que leur patrimoine culturel commun (et néanmoins diversifié), en particulier les valeurs démocratiques et les droits de l'Homme qui sous-tendent le processus d'intégration européenne. Enfin, les sites bénéficieront de travaux de restauration et d'améliorations diverses dans le cadre des activités qui seront organisées sur les lieux.

La Commission propose que l'action ne soit ouverte, dans un premier temps, qu'aux vingt sept États membres, sur une base volontaire. Au besoin, l'opportunité d'élargir l'initiative aux pays tiers participant au programme « culture » pourra être examinée lors des évaluations futures du label. À ce stade, les sites sont sélectionnés de façon indépendante par les États membres. Afin de garantir une plus grande homogénéité dans le processus de sélection, la Commission propose, à l'instar des capitales européennes, qu'une présélection ait lieu au niveau des États membres et que la sélection finale se déroule ensuite au niveau européen, avec l'appui d'un jury composé d'experts indépendants. Les États membres pourront désigner au maximum deux sites par an, pour l'octroi du nouveau label du patrimoine européen. Le jury évaluera ensuite les dossiers pour ne choisir au final qu'un seul site par an et dans chaque pays. Enfin, une révision de la liste aura lieu tous les six ans, afin de vérifier si chacun des sites répond toujours aux critères de sélection établis. Une enveloppe de 925 000 euros par an sera consacrée au label du patrimoine européen pour assurer sa viabilité, prélevée sur le budget communautaire. L'initiative de la Commission devrait entrer en vigueur en 2011 ou 2012, après accord du Parlement et du Conseil européens.

Le concept initial de « label du patrimoine européen » est né en 2005, comme moyen de combler le fossé séparant l'Union européenne de ses citoyens. La mesure a été ensuite lancée en avril 2006 par plusieurs États européens, sur une base intergouvernementale, un projet auquel participaient dix sept États membres. Ensuite, les Vingt-sept ont demandé à la Commission, dans les conclusions du Conseil de novembre 2008, de transformer l'initiative intergouvernementale en une action officielle (décision du Parlement et du Conseil européens) à l'image des capitales européennes, afin d'en améliorer le fonctionnement et de garantir son efficacité dans la durée. L'intervention de l'Union européenne devrait permettre de renforcer la coordination entre les États membres, de contribuer à la définition et à l'application correcte de critères communs clairs et transparents pour la sélection des sites et de créer de nouvelles procédures de sélection et de contrôle pour l'attribution du label, garantissant ainsi la pertinence des sites au regard des objectifs poursuivis. (I.L.)

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