Bruxelles, 09/03/2010 (Agence Europe) - Neuf mois après son activation, l'entreprise commune SESAR, créée pour développer le volet technologique du programme ciel unique européen de modernisation de la gestion du trafic aérien en Europe, est parvenue à commencer ses travaux dans la plupart des 300 projets prévus pour mener à bien ce processus. D'ici à la fin de l'année, SESAR pourrait mobiliser 3 000 à 4 000 personnes de dix-sept pays membres de l'UE, soit plus du double qu'actuellement, a estimé Patrick Ky, le directeur exécutif de l'entreprise rencontré par EUROPE vendredi 5 mars. En 2010 seront en particulier visés les projets environnementaux (l'objectif de l'entreprise étant de réduire de 10% les émissions nuisibles par vol), avec le lancement de la deuxième phase du programme AIRE (Atlantic Interoperability Initiative to Reduce Emissions) ainsi qu'avec un certain nombre de projets déjà lancés, comme le projet sur les aéroports (un programme de guidage des avions au sol visant à faciliter leur phase d'approche), dont les résultats devraient être connus au cours de l'année. « Nous testons les technologies qui existent déjà. On les a vraiment mises en œuvre du point de vue opérationnel. On va les tester dans des conditions réelles, en 2010, de manière à ce qu'en 2011 elles puissent être mises en service », a expliqué M. Ky. Et de poursuivre: « C'est ça l'étape la plus difficile. On arrive à montrer qu'on peut faire des choses, maintenant il faut le faire de manière systématique. Et c'est cela qu'on va faire en 2010 (…) », a-t-il affirmé.
L'entreprise a notamment rendu publics, mardi 9 mars, les résultats du programme AIRE visant à réduire l'empreinte carbonique des vols au dessus de l'Atlantique, grâce au meilleur usage des technologies existantes (EUROPE n° 9448). 400 tonnes de CO2, l'équivalent des émissions de 100 voitures par an, ont été économisées au cours des tests effectués sur 1 552 vols commerciaux dans trois domaines différents: les opérations au sol, les procédures au terminal et les procédures relatives à la trajectoire. « Les choses que nous avons testées étaient très simples: ce que nous avons fait à Paris, c'est de ne rouler qu'avec un seul moteur », a indiqué M. Ky en insistant sur le fait que les procédures testées devraient à présent être traduites en procédures opérationnelles et étendues à des compagnies ne participant pas au programme. « Si c'est fait à Paris (Charles-de-Gaulle), il n'y pas de raison pour que ça ne soit pas fait à Francfort ou à Londres », a-t-il insisté. Lufthansa, Brussels Airlines et PLL LOT pourraient se joindre aux cinq compagnies aériennes (TAP Portugal, Air France, Icelander, Novair, Iberia) qui participent au programme. Les procédures testées devraient être davantage centrées sur la planification des trajectoires de l'avion, de manière à réduire au maximum le temps d'attente au décollage.
Les discussions sont aussi en cours sur la phase du déploiement du programme et sur le financement de SESAR après l'année 2013. « Je suis convaincu que sur ces 35 milliards d'euros (coût estimé de la phase du déploiement de SESAR), il faut un financement public pour faire en sorte que les compagnies aériennes et les fournisseurs de services de contrôle soient incités à acheter rapidement des équipements», a-t-il dit. Selon lui, les discussions interinstitutionnelles devraient avoir lieu sous Présidence belge du Conseil. « Évidement la question qui se pose est: qui peut gérer ce type d'argent ? Il est clair que si l'Union européenne met des crédits dans le SESAR, elle devrait avoir un droit de regard », a-t-il estimé. Une autre avancée importante pour le programme pourrait venir de la finalisation d'un mémorandum d'entente entre les États-Unis et l'UE, faisant l'objet de négociations entre la Commission et l'Administration fédérale de l'aviation (FAA) américaine. L'entreprise SESAR serait notamment responsable du volet technique de l'accord (technologie embarquée à bord de l'avion, nouveaux systèmes de télécommunications, échange de données techniques) visant à garantir l'interopérabilité entre les systèmes européen et américain (NextGen) de gestion du trafic aérien. (A.By.)