Bruxelles, 15/02/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, le 5 février dernier, sa communication intitulée « Proposition de rapport conjoint 2010 sur la protection sociale et l'inclusion sociale ». Les messages clés qui en ressortent sont les suivants:
(1) le coût humain total de la crise reste difficile à évaluer à l'heure actuelle et les répercussions sur les marchés du travail et sur la population, en particulier les groupes les plus vulnérables, ne sont pas encore toutes visibles. Il est donc essentiel d'investir dans le suivi régulier des tendances sociales et l'amélioration des statistiques en la matière pour pouvoir mettre au point rapidement des mesures efficaces et évaluer leurs effets ;
(2) tous les États membres n'ont pas les moyens financiers de répondre à la demande croissante en matière de protection sociale et les filets de sécurité de certains comportent des brèches importantes. Colmater ces brèches est désormais une priorité ;
(3) il faut accroître l'efficacité de l'inclusion sociale et de la protection sociale, conformément aux principes d'accès universels, d'adéquation et de viabilité ;
(4) la lutte contre le chômage et la promotion de marchés du travail devraient aller de pair. La reprise étant en vue, les politiques doivent préparer les citoyens à saisir les occasions professionnelles qui s'offriront à eux, encourager les emplois de qualité et éviter la dépendance de longue durée. L'inclusion active peut concilier les objectifs de lutte contre la pauvreté, d'augmentation de la participation au marché du travail et d'accroissement de l'efficacité des dépenses sociales ;
(5) dans nos sociétés vieillissantes et en évolution rapide, il est essentiel de prévenir et de combattre la pauvreté, en particulier parmi les enfants, afin de préparer l'Europe pour l'avenir et d'éviter de gaspiller le potentiel humain, des femmes comme des hommes ;
(6) il est important que les politiques de l'après-crise comprennent des stratégies intégrées visant à lutter contre l'exclusion en matière de logement et le sans-abrisme de manière à bâtir des sociétés caractérisées par la cohésion et la durabilité environnementale ;
(7) la détresse économique sape la santé mentale et physique et risque d'accroître les inégalités en matière de santé. Les incidences de la crise dépendront de la situation initiale des États membres en matière de santé. La demande croissante, associée aux fortes pressions budgétaires, rend encore plus urgente l'amélioration de l'efficacité des systèmes de soins de santé. Le défi consiste à augmenter l'efficacité tout en garantissant l'accès universel à des soins de qualité.
(8) la crise et les perspectives de croissance revues à la baisse auront probablement des incidences sur tous les types de régimes de retraite, ce qui aggravera les problèmes dus au vieillissement. Étant donné que les retraites dépendent de plus en plus des cotisations liées aux revenus versés pendant toute une vie, leur adéquation sera fonction de la capacité des marchés du travail à offrir des possibilités de carrières plus longues et plus complètes ;
(9) l'évolution marquée vers des régimes par capitalisation fait apparaître certains des coûts des retraites futures dans une société vieillissante et accroît l'exposition des systèmes de retraite futurs dans une société vieillissante. La capacité variable des régimes par capitalisation à surmonter la crise montre que les différences sur les plans de la conception, de la réglementation et de la stratégie d'investissement ont une importance. Il sera donc essentiel de trouver un meilleur équilibre entre la sécurité des épargnants et l'accessibilité financière d'une part, et les gains et pertes potentiels d'autre part ;
(10) la crise a mis en évidence la valeur ajoutée de la coordination stratégique passant par la méthode ouverte de coordination dans le domaine de la protection sociale et de l'inclusion sociale et donné une nouvelle bonne raison d'exploiter pleinement le potentiel de cette méthode ;
(11) après avoir tiré les leçons de la crise et de dix années d'application de la stratégie de Lisbonne, il faudra favoriser une croissance durable, la création d'emplois et la cohésion sociale et évaluer systématiquement les progrès réalisés en matière sociale, y compris pour ce qui est de l'égalité hommes-femmes.
En conclusion, la Commission souligne que l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale 2010 est l'occasion idéale de réaffirmer avec force l'engagement pris par l'Union il y a dix ans de donner un élan décisif à l'élimination de la pauvreté et de l'exclusion sociale. (G.B.)