Bruxelles, 15/02/2010 (Agence Europe) - En marge de sa visite à Genève auprès du directeur général de l'OMC, Pascal Lamy, vendredi 12 février, Karel De Gucht s'est montré conciliant avec les États-Unis, pointés du doigt par l'ensemble des pays membres de l'OMC comme l'obstacle majeur à la conclusion du round de Doha, en refusant de blâmer Washington pour l'absence de progrès dans les négociations multilatérales et d'isoler un peu plus ce partenaire essentiel. « Nous n'avons pas l'intention d'acculer les États-Unis. Je vais m'y rendre avec un esprit ouvert pour discuter et voir ensemble comment nous pouvons contribuer à une conclusion rapide du round mais aussi au règlement de nos discussions bilatérales en suspens », a déclaré à la presse le nouveau commissaire européen au Commerce, indiquant qu'il se rendra à Washington du 12 au 14 mars. « Je veux établir des contacts sur une base formelle aussitôt que possible », a expliqué M. De Gucht, qui s'est entretenu au téléphone avec son homologue américain, le représentant au Commerce, Ron Kirk, dès sa prise de fonction le 9 février. Le commissaire estime par ailleurs qu'il y a une contradiction entre les appels des dirigeants du G20 à conclure le round de Doha en 2010 et les marges de flexibilité insuffisantes octroyées à leurs ministres du Commerce pour y parvenir. Il considère en outre que la date limite de 2010 n'est pas importante. « Que nous parvenions à conclure à la fin de cette année ou au début de l'année prochaine, dans les deux cas nous devons continuer à travailler », a-t-il insisté. En attendant, l'UE est pour sa part « prête à ficeler un accord aussitôt que possible », a assuré M. De Gucht, rappelant que les Vingt-sept ont « déjà fait assez » en matière d'accès au marché en agriculture. « En agriculture, l'Europe a déjà fait ce qu'elle avait à faire. Ce n'est pas parce qu'elle en a eu le courage que [ses partenaires] doivent désormais exiger des concessions supplémentaires en ce qui concerne l'accès au marché », a insisté le commissaire européen. (E.H.)