Bruxelles, 15/02/2010 (Agence Europe) - Alors que le Conseil ÉCOFIN se prononcera ce mardi sur les différentes recommandations formulées par la Commission pour surveiller la mise en œuvre des engagements pris par Athènes, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a d'ores et déjà appelé les autorités du pays à prendre des mesures supplémentaires. Selon lui, « les risques (...) se matérialisent et c'est pourquoi il y a clairement besoin de mesures additionnelles ». Interrogé par la presse avant la réunion de l'Eurogroupe, lundi 15 février, le commissaire a expliqué: « Nous nous attendons à ce que le gouvernement grec prenne en temps et en heure des mesures additionnelles pour atteindre l'objectif » de réduire le déficit de 4% du PIB en 2010. À son arrivée, Jean-Claude Juncker a pour sa part rappelé que la question de mesures additionnelles sera au cœur de la discussion des ministres des Finances. « Nous devons vérifier si c'est possible ou pas » pour la Grèce d'atteindre son objectif « et tout dépendra des réponses qui seront données à cette question cruciale », a-t-il indiqué. Opposé à cette idée, le ministre grec des Finances, George Papaconstantinou, estime quant à lui qu'une éventuelle demande de mesures additionnelles ne devrait pas être formulée avant que la mise en œuvre des mesures déjà annoncées ait été effectuée (ce qui doit avoir lieu une première fois en mars). Si, à ce moment là, des mesures additionnelles apparaissaient nécessaires, « je peux vous assurer » qu'elles seraient prises, a-t-il indiqué.
Les ministres de l'UE ne devraient en revanche pas apporter plus de précisions sur les modalités pratiques d'une hypothétique aide à la Grèce. « Chacun doit s'aider soi-même » et « ce n'est que sous certaines circonstances qu'il peut y avoir une solidarité européenne », réaffirme ainsi M. Juncker, dans un entretien publié samedi 13 février par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. « Je ne suis pas en mesure d'évoquer aujourd'hui une mesure précise (...) Nous avons beaucoup d'instruments qui sont à notre disposition et nous les utiliserons si nécessaire », souligne simplement M. Juncker. À l'avenir, l'Eurogroupe devra s'occuper de manière beaucoup plus intense et plus sévère de la question de la compétitivité des pays de la zone euro, a-t-il encore reconnu. « Nous devons faire en sorte que les divergences ne continuent pas de grandir. Une zone avec une monnaie commune ne peut être viable sur le long terme si les différences entre les comptes courants des différentes économies qui la composent deviennent trop grandes ».
Par ailleurs, le doute est encore une fois jeté sur la transparence d'anciennes statistiques grecques. En 2001, des banques américaines auraient aidé la Grèce à dissimuler une partie de la dette du pays selon un mécanisme sophistiqué (qui était autorisé à l'époque, selon le ministre grec des Finances). Le porte-parole du commissaire Rehn a précisé qu'Eurostat avait demandé aux autorités grecques de fournir plus de précisions sur cette nouvelle affaire, d'ici la fin février. (A.B.)