Bruxelles, 08/02/2010 (Agence Europe) - Une délégation de responsables sahraouis, partisans des thèses marocaines, contre l'autonomie du Sahara Occidental, dirigée par Ahmadou Souilem, un transfuge du Polisario, le mouvement d'indépendance soutenu par l'Union africaine et l'ONU, a séjourné en cette fin de semaine à Bruxelles où elle a eu des entretiens au sein du Parlement européen. Le but est d'obtenir le soutien de l'UE en prévision des réunions informelles des 10 et 11 février à New York, sous l'égide de l'ONU, sur le statut du territoire du Sahara Occidental passé sous administration marocaine en 1975 et annexé sous le nom de « provinces du sud ».
La position européenne est constante et s'inscrit dans le cadre des efforts internationaux déployés notamment par l'envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross. Elle fournit parallèlement de l'aide humanitaire aux populations sahraouies. En juin denier, l'UE a alloué, via ECHO, 10 millions d'euros d'aide humanitaire en faveur de la population sahraouie vivant dans des camps près de Tindouf, dans l'ouest de l'Algérie. Fuyant la présence militaire marocaine, les réfugiés sahraouis vivent depuis plus de 30 ans dans quatre camps situés dans la région désertique de Tindouf. L'UE est le principal donateur dans cette longue crise humanitaire. « Depuis 1993, la Commission a fourni plus de 143 millions d'euros sous forme d'aide aux réfugiés, manifestant ainsi sa solidarité à l'égard des victimes de cette crise prolongée », avait alors rappelé le commissaire Olli Rehn.
Politiquement, la position européenne récemment réaffirmée, lors du dernier Conseil d'association UE-Maroc du 7 décembre dernier, est qu'elle « reste préoccupée » par la persistance de ce conflit du Sahara occidental et déplore « ses conséquences et implications régionales ». L'UE soutient pleinement les efforts de l'ONU pour « une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permettra l'autodétermination du peuple du Sahara occidental comme le disposent les résolutions des Nations Unies ». Miguel Ángel Moratinos, ministre espagnol des Affaires étrangères et président en exercice du Conseil de l'UE, a répondu à une question parlementaire sur le mandat de la force des Nations unies, MINURSO, lors d'une récente audition au Parlement (commission des affaires étrangères) en rappelant où il se place dans l'attente des négociations entre le Maroc et le polisario. « Nous allons voir comment les choses vont évoluer. C'est le Conseil de sécurité qui doit décider la prolongation du mandat de la MINURSO ». Il a ajouté: « Nous sommes pour la protection des droits de l'homme. L'Espagne et l'UE sont en faveur de toute solution dans le cadre des Nations unies », a-t-il affirmé.
Dans sa prise de position lors du Conseil d'association, l'UE, qui a affirmé son «plein soutien aux négociations en cours », s'était «félicitée de l'engagement des parties de poursuivre les pourparlers, de manifester leur volonté politique et de travailler dans une atmosphère propice au dialogue afin d'entrer dans une phase plus intensive des négociations de bonne foi et sans préconditions ». L'UE s'était également « félicitée de la visite dans la région du Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés, M. António Guterres. Elle encourage les parties à continuer à collaborer avec le HCR dans la mise en œuvre des mesures de confiance », notamment en favorisant les échanges par la voie terrestre, dans le cadre de visites familiales. Par ailleurs, elle « exprime son attachement à l'amélioration de la situation des droits de l'homme au Sahara occidental et rappelle les obligations qui incombent à chaque partie » dans la protection des défenseurs des droits de l'homme. (F.B.)