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Bulletin Quotidien Europe N° 10061
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/environnement

Une protection européenne de la biodiversité à redéfinir

Bruxelles, 21/01/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, mardi 19 janvier, une communication qui expose les scénarios possibles pour l'avenir de la politique en matière de biodiversité. Cette publication marque le début de l'année internationale de la biodiversité. L'objectif de réduire la diminution de la biodiversité d'ici à 2010 que s'était fixé l'Union européenne ne sera pas atteint. Il faut donc redéfinir de nouvelles perspectives. Dans sa communication, la Commission présente quatre options correspondant à quatre objectifs dont les ambitions sont croissantes, qu'il faut atteindre d'ici 2020. Cette communication a vocation à faciliter le débat entre les États membres afin d'établir, d'ici fin 2010, un cadre stratégique de l'UE en matière de biodiversité pour l'après-2010.

Les options qui se dessinent pour cette politique à échéance intermédiaire (2020) au sein d'une perspective à long terme (2050) sont: option 1: ralentir significativement le rythme de perte de biodiversité et de services écosystémiques dans l'UE d'ici à 2020. Option 2: enrayer la perte de biodiversité et de services écosystémiques dans l'UE d'ici à 2020. Option 3: enrayer la perte de biodiversité et de services écosystémiques dans l'UE d'ici à 2020 et assurer leur rétablissement dans la mesure du possible. Option 4: enrayer la perte de biodiversité et de services écosystémiques dans l'UE d'ici à 2020, assurer leur rétablissement dans la mesure du possible et renforcer la contribution de l'UE à la prévention de la perte de biodiversité. Déjà, le directeur régional à la division européenne de Birdlife International, Angelo Caserta, commente ces options et préfère la quatrième. Il enjoint aux États membres « d'adopter l'objectif 2020 proposé le plus ambitieux qui est bien présenté par la Commission dans l'option 4. ».

À l'image du changement climatique, la perte de biodiversité constitue la menace environnementale la plus grave à l'échelle planétaire et entraîne des pertes substantielles en matière d'économie et de bien-être. Il convient, dans un premier temps, de rappeler ce que l'on entend par biodiversité. La biodiversité, c'est la variété des écosystèmes, des espèces et des gènes, ce qui constitue le capital de notre planète. La biodiversité fait partie intégrante du développement durable dans la mesure où elle fournit des biens et des services essentiels, tels que la nourriture, la séquestration du carbone et la régulation des eaux marines et terrestres, qui sous-tendent la prospérité économique, le bien-être de nos sociétés et la qualité de la vie.

Consciente de cela, l'UE avait décidé, lors du sommet européen de Göteborg en 2001, d'enrayer la diminution de la biodiversité dans l'UE à l'horizon 2010. Un plan d'action de l'UE en faveur de la biodiversité biologique avait également été adopté par la Commission en 2006 afin d'accélérer le processus. Il semble déjà évident que les objectifs ne seront pas atteints. Lors de la réunion du Conseil Environnement en mars 2009, ce dernier a appelé à doter l'UE d'une nouvelle perspective et de nouveaux objectifs en matière de biodiversité. Ces nouvelles priorités doivent prendre en compte les débats internationaux relatifs à une vision mondiale de la biodiversité après 2010 et y contribuer. Tout cela doit être réalisé dans le cadre d'une stratégie qui doit être adoptée à la fin de cette année pour mettre en œuvre la convention des Nation unies sur la diversité biologique. La communication de ce mardi 19 janvier marque la première étape vers cet objectif.

Commentant cette démarche, Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, a déclaré: « Nous allons redoubler d'efforts pour mettre en place une nouvelle politique et une nouvelle stratégie pour l'après-2010. (…) Nous ne pouvons nous permettre de négliger la lutte contre la perte de biodiversité, et il est essentiel que notre politique pour la période à venir soit résolument ambitieuse ».

Les objectifs intermédiaires permettront à l'UE de définir une position commune forte en vue des prochaines négociations internationales sur le sujet qui auront lieu en automne à Nagoya, au Japon. Avant cela, des discussions entre les États membres, les institutions européennes et d'autres parties prenantes vont avoir lieu. Celles-ci seront lancées lors d'une conférence européenne à haut niveau sur le thème « L'après-2010: Vision et objectifs en matière de biodiversité », organisée par l'Espagne à Madrid les 26 et 27 janvier 2010.

La biodiversité doit rester un sujet clé de l'UE car la biodiversité mondiale est gravement menacée. Le rythme d'extinction des espèces étant entre cent et mille fois plus important que la normale. De plus, on estime que 60% des services écosystémiques ont été dégradés au cours des cinquante dernières années. Il n'est pas surprenant de constater que ce sont les activités humaines qui sont à la source de cette situation, en raison principalement des changements de l'affectation des sols, de la surexploitation des ressources, des pratiques non durables, de la pollution et de l'introduction d'espèces envahissantes entraînant la destruction, la dégradation et la fragmentation des habitats ainsi que la disparition des espèces qu'ils abritent. (V.L.B)

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