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Bulletin Quotidien Europe N° 10022
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/bce

Un rapport examine la politique de la BCE en 2008

Bruxelles, 18/11/2009 (Agence Europe) - Une faible croissance (0,7%) et un pic inflationniste (4% à l'été et 3,3% en moyenne) ont caractérisé l'ensemble de l'année 2008 pour la zone euro, surtout marquée par le déclenchement de la crise économique et financière. Une situation exceptionnelle qui a modelé la politique de la Banque centrale européenne (BCE), la poussant à réagir de manière extraordinaire aux conditions économiques nouvelles. C'est ce que retrace le projet de rapport du Parlement européen rédigé par Edward Scicluna (S&D, maltais), qui est une réponse au rapport annuel de la BCE publié en avril dernier. Ce rapport sera soumis au vote de la commission des Affaires économiques et monétaires fin janvier 2010, pour une adoption en plénière prévue en mars.

Alors qu'elle n'avait pas modifié ses taux d'intérêt au cours du premier semestre 2008, les relevant même de 25 points de base (à 4,25%) en juillet 2008, la BCE les a progressivement ramenés à 2,5% au second semestre de l'année dernière (et à 1% en 2009). Elle a dans le même temps considérablement accru les liquidités des banques, y compris par des mesures non standards lui permettant d'ajuster son cadre opérationnel (procédures d'appel d'offres à taux fixe avec attribution intégrale des soumissions dans ses opérations d' « open market », réduction temporaire du corridor constitué par les taux d'intérêt appliqués à ses facilités permanentes, élargissement de la liste des actifs acceptés en garanties et mise à disposition de liquidités en devises étrangères en coopération avec d'autres banques centrales).

Pour le rapporteur, « la BCE a dû prendre, en 2008, certaines des décisions les plus difficiles qu'elle ait eu à affronter depuis sa création ». Il constate néanmoins que « les baisses de taux ont été moins radicales que celles opérées par d'autres banques centrales », telles que la Federal Reserve américaine et la Bank of England (BoE) et regrette que « les liquidités supplémentaires injectées par la BCE n'aient pas suffisamment desserré l'étau du crédit qui étrangle l'industrie - notamment les PME- et que les banques les aient utilisées pour accroître leurs marges et compenser leurs pertes ».

S'agissant des mesures de sortie de crise, qu'il s'agisse des déficits budgétaires ou en matière monétaire, le rapporteur préconise une planification coordonnée et une mise en œuvre lorsqu'une reprise économique durable se sera installée. Concernant les mesures envisagées par la BCE, le rapport recommande ainsi « que tout relèvement des taux d'intérêt s'effectue avec la plus grande prudence afin de ne pas mettre en péril toute croissance économique future ». Et de souligner que les États membres doivent poursuivre la mise en œuvre des mesures de soutien budgétaire « pour protéger les emplois, encourager les investissements et stimuler la croissance ».

Au plan de la gouvernance, le projet de rapport préconise que les candidats avancés par le Conseil pour les postes au Directoire de la BCE soient soumis à un vote d'approbation des députés européens. Il salue aussi le fait qu'avec le Traité de Lisbonne, l'Eurogroupe disposera de la personnalité juridique (la BCE se verra pour sa part conférer le statut d'institution européenne). La dimension externe de la monnaie unique (26,5% des réserves monétaires étaient détenues en euro fin 2008) impliquera des responsabilités croissantes sur la scène mondiale, réaffirme aussi le texte. (A.B.)

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