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Bulletin Quotidien Europe N° 10016
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

Les finances publiques et le chômage sont les priorités

Bruxelles, 10/11/2009 (Agence Europe) - En prenant note des prévisions économiques d'automne de la Commission européenne (EUROPE n° 10011), les ministres des Finances de la zone euro s'attendent à des temps difficiles pour les finances publiques et le chômage. La ministre espagnole Elena Salgado, qui présidait l'Eurogroupe en l'absence de Jean-Claude Juncker, l'a rappelé lundi 9 novembre devant la presse, en soulignant que « restaurer les finances publiques et traiter le chômage seront les priorités dans les temps à venir ».

La situation sur le marché du travail est très différente d'un État membre à l'autre, a reconnu Mme Salgado, qui a énoncé cinq principes communs auxquels l'Eurogroupe se réfère pour affronter les difficultés. Il s'agit de: traiter la question de la segmentation du marché du travail, soutenir l'employabilité, réduire la dépendance aux prestations sociales, soutenir la formation des salaires en ligne avec la productivité et augmenter l'âge effectif de la retraite.

Quant à l'assainissement des finances publiques, s'il commencera bien en 2011, il pourrait s'avérer plus long que le souhaite la Commission. « Nous sommes tous d'accord que, pourvu que le scénario central de nos prévisions se confirme (avec un retour à une croissance soutenue, NdlR), 2011 est l'année où la zone euro devra débuter sa sortie des déficits budgétaires », a souligné Joaquín Almunia. Conscient que la stratégie de sortie devra être différenciée selon la situation propre à chaque pays, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires reconnaît que la situation n'est pas sans poser des difficultés au regard de la mise en œuvre du Pacte de stabilité et de croissance (PSC).

Pour la première fois depuis la création de la monnaie unique, 13 des 16 pays membres de la zone euro seront confrontés au même moment à une procédure pour déficit excessif, a-t-il rappelé, à l'avant-veille de la décision du collège d'ouvrir officiellement une telle procédure contre neuf nouveaux États membres. Après avoir adopté des rapports en ce sens à propos de l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie et la République tchèque (EUROPE n° 9993), la Commission constatera formellement, ce mercredi, l'existence d'un déficit excessif (article 104§5 et 6) et prescrira une trajectoire d'ajustement (article 104§7) pour ces pays. Mais elle fera surtout le point sur la façon dont cinq pays déjà concernés par une telle procédure ont mis en œuvre les recommandations précédentes du Conseil (Espagne France, Irlande, Grèce et Royaume-Uni).

Si la situation requiert une vision horizontale, « la différenciation devra fournir une image globale qui démontre l'égalité de traitement ou un traitement équitable pour tout le monde, de sorte que (…) la Commission sera extrêmement vigilante pour éviter tout traitement discriminatoire d'un pays à l'autre ». Pour la Grèce, l'affaire est entendue et la Commission franchira, mercredi, une nouvelle étape de la procédure, en constatant que le pays n'a pas pris les mesures attendues pour réduire son déficit (dont le niveau a été considérablement revu à la hausse à la suite de nouveaux dérapages statistiques). Pour les autres pays, le jugement sera moins sévère, puisqu'ils devraient se voir octroyer un an de plus pour ramener leurs déficits sous les 3% du PIB et préconiser certaines mesures à prendre. Compte tenu de la détérioration de la situation économique, les nouveaux délais seraient ainsi de 2013 pour la France et l'Espagne, 2014 pour l'Irlande et 2014-2015 pour le Royaume-Uni.

Une nouvelle échéance qui, dans le cas de la France, laisse d'ores et déjà perplexe la ministre des Finances, Christine Lagarde. « Il faut que ce soit réaliste pour que ce soit crédible », a-t-elle glissé à l'issue de la réunion selon l'AFP, alors que Paris anticipe un retour sous le seuil de 3% en 2014, pour l'instant. Si selon le commissaire Almunia, le calcul des déficits en France devra « aussi tenir compte de l'impact du grand emprunt » actuellement envisagé, Mme Lagarde juge qu'il serait préférable d'attendre que « sa taille, sa finalité et sa gestion » soient définies. Concernant l'Allemagne, l'inquiétude de la Commission porte notamment sur les réductions fiscales annoncées pour 2011. Pour sa première réunion de l'Eurogroupe, le nouveau ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, est apparu « pleinement engagé » en faveur de l'application du PSC et « comprend extrêmement bien la façon dont le Pacte devrait être mis en œuvre en ces temps difficiles », a pris soin de souligner le commissaire Almunia. La date de 2013 devrait être assignée à l'Allemagne pour revenir sous le seuil de 3% du PIB. Et d'observer: « Quand on écoute le ministre Schäuble, on a immédiatement l'impression d'écouter un homme politique très crédible ». (A.B.)

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