*** ANNETTE JOBERT (sous la dir. de): Les nouveaux cadres du dialogue social. Europe et territoires. Presses Interuniversitaires Européennes - Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.net ). Collection "Travail & Société", n° 61. 2008, 267 p., 36,90 €. ISBN 978-90-5201-444-9.
Dans l'Union européenne, les espaces de la négociation collective et du dialogue social se diversifient. Aujourd'hui, la régulation de branche reste toujours le pivot des différents systèmes nationaux, mais ceux-ci n'en connaissent pas moins des inflexions majeures. D'abord, depuis le début des années 80, le dialogue social d'entreprise tend, en tout cas pour les grandes entreprises, à s'autonomiser par rapport à la loi et à la convention collective de branche. Ensuite, de nouvelles formes de dialogue social et de négociation émergent - plus nettement dans certains États membres que dans d'autres - dans les territoires régionaux et locaux suite au phénomène de décentralisation des États et de l'action publique en matière d'emploi, de formation et de développement économique, ce qui fait exploser le cadre de la négociation classique et implique une pluralité d'acteurs en vue d'atteindre des objectifs d'intérêt commun. Enfin, la construction européenne bouleverse la donne: le développement d'un dialogue social européen interprofessionnel et sectoriel, ainsi que l'instauration, dans les entreprises multinationales, des comités d'entreprise européens sont venus ouvrir la voie à une européanisation des relations professionnelles en même temps qu'à une approche transnationale des formes de régulation.
Bien évidemment, cette diversification suscite de multiples interrogations, l'une d'elles étant de savoir si elle participe à la construction et à la consolidation, dans le cadre de l'Union, d'un système de gouvernance multi-niveaux. L'objet de cet ouvrage - et de l'étude multidisciplinaire qui l'a précédé entre 2003 et 2005 à la demande du Commissariat Général du Plan en France - est précisément d'analyser cette diversification en s'intéressant tout à la fois à ses causes, aux voies qu'elle emprunte et à ses effets. Dans le même temps, les auteurs engagent aussi une réflexion sur la manière dont les différents espaces communiquent et examinent les répercussions de ces nouvelles formes de négociation, de concertation et de partenariat sur les dynamiques des relations professionnelles, tant au niveau national qu'européen.
Quatre perspectives d'investigations ont été retenues. Dans un premier temps, le "dialogue social territorial actuel" est étudié sur la base d'une comparaison des situations qui prévalent en Allemagne, en France et en Italie, soit trois pays qui, face à la forte montée du chômage à partir des années 80, ont renforcé les processus de décentralisation des politiques publiques pour mieux favoriser l'emploi - sans compter que la stratégie européenne de l'emploi impose aux États membres, depuis 1997, de mieux impliquer leurs territoires. Pour chacun des pays, un état des lieux général du dialogue social territorial et des débats - politiques, sociaux et juridiques - qu'il suscite est établi, tandis que des expériences de dialogue social font l'objet d'investigations approfondies. De la sorte, les auteurs cherchent à cerner l'implication des organisations syndicales et patronales dans des régulations locales qui embrassent un champ plus large que celui des régulations professionnelles "traditionnelles", ce qui leur permet de "questionner" les stratégies des acteurs et l'action collective. Le deuxième chapitre s'attache à resituer ces développements dans une perspective historique par l'analyse des conventions collectives conclues, en France, sous le Front Populaire en 1936, celui-ci ayant été, en la matière, une sorte de précurseur. Le troisième chapitre aborde, lui, le dialogue social dans le secteur des télécommunications aux niveaux européen et national (France et Italie). Les auteurs reviennent d'abord, à travers une revue de la littérature, sur l'histoire de la politique européenne des télécommunications, avant d'étudier ensuite de manière approfondie - fondée notamment sur des entretiens avec des acteurs syndicaux et patronaux, ainsi que sur un examen minutieux des textes communautaires - la structuration et les fruits du dialogue social sectoriel développé dans ce secteur. Enfin, le quatrième chapitre s'interroge sur l'entreprise multinationale comme nouveau cadre du dialogue social dans l'Union et voit les auteurs étudier, en particulier, l'encadrement législatif, la construction et la mobilisation de la nouvelle instance représentative transnationale que sont les comités d'entreprise européens. Leur analyse s'est tout particulièrement focalisée sur des cas d'entreprises confrontées à des situations de fusions, cessions ou autres réorganisations de grande ampleur. Les principaux enseignements à tirer de ces réflexions croisées sont tirés dans des conclusions générales aussi riches que ne l'est l'ouvrage tout entier.
Pierre Bouvier
*** MARIE-ANGE MOREAU, MARIA ESTHER BLAS LÓPEZ (sous la dir. de): Restructuring in the New EU Member States. Social Dialogue, Firms Relocation and Social Treatment of Restructuring. Editions Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Work & Society", n° 69. 2008, 232 p., 32,50 €. ISBN 978-90-5201-456-2.
Alors que la crise économique frappe durement le marché du travail européen, le sentiment nourri par certains dans les « anciens » États membres que les nouveaux venus constituent une menace pour l'emploi en Europe de l'Ouest se trouve ravivé. Depuis les années 70, les économies ouest-européennes ont vécu une série de restructurations, plus ou moins profondes, jugées nécessaires par l'industrie pour des questions d'efficacité économique et de concurrence. Le mot restructuration est cependant le plus souvent lié à la perte d'emplois et à la délocalisation de la production vers des pays non nécessairement membres de l'Union européenne. Il faut toutefois garder à l'esprit que les économies des pays d'Europe centrale et orientale traversent, à leur tour, un processus intense de restructuration économique qui amène avec lui sa part de drames sociaux et de succès industriels. Il existe cependant, à ce niveau, un manque de littérature académique étudiant le phénomène. Afin de combler ce manque, en tout cas partiellement, cet ouvrage de la collection "Travail & Société" analyse les processus de restructuration économique de la perspective des nouveaux États membres de l'Union. Évoluant dans le domaine académique des sciences économiques et sociales, les auteurs cherchent à comprendre les effets de ces processus - relativement nouveaux dans ces pays - dans les sphères économique et sociale, ainsi que l'impact des politiques nationales et européennes sur le concept de restructuration et le rôle des acteurs politiques et sociaux dans la protection des travailleurs face à ces processus. Divisée en deux parties, l'étude aborde dans un premier temps les relations industrielles et le dialogue social en cours dans les nouveaux États membres pour y identifier le nouveau visage de la restructuration dans une Europe élargie. Dans la deuxième partie, l'analyse se focalise sur les pratiques de délocalisation des entreprises en Europe centrale et de l'Est, notamment en Hongrie et en Pologne, avec une attention particulière pour le suivi du traitement social de ces restructurations. Ce travail, au caractère technique marqué, intéressera d'abord les chercheurs et académiciens en sciences sociales, mais également quiconque manifeste un intérêt pour les pratiques de restructuration dans l'Union européenne.
(NDu)
*** RUUD J. A. MUFFELS (sous la dir. de): Flexibility and Employment Security in Europe. Labour Markets in Transition. Edward Elgar Publishing (The Lypiatts, 15 Lansdown Road, Cheltenham, Glos, GL50 2JA, UK. Tél.: (44-1242) 226934 - fax: 262111 - Courriel: info@e-elgar.co.uk - Internet: http://www.oup.com ). 2008, 407 p.. ISBN 978-1-84720-464-6.
Cette étude porte sur la relation entre le besoin de flexibilité des marchés de travail européens et la manière dont les politiques nationales s'emploient à poursuivre cet objectif tout en sauvegardant la sécurité de l'emploi et de hauts standards en matière de revenus. Issu du projet TLM.Net, cet ouvrage que l'on doit à plusieurs chercheurs et professeurs en sciences socio-économiques porte une attention particulière aux choix faits à ces fins dans les différents pays européens, sur leurs marchés du travail respectifs. Il cherche également à répertorier les différences et les similitudes entre ces marchés. Il vise encore à vérifier dans quelle mesure les législations sociales européennes peuvent permettre d'atteindre de hauts degrés de flexibilité tout en assurant la sécurité de l'emploi et des revenus du travailleur, ce qui permet aux auteurs de mettre en lumière pourquoi certains pays membres affichent de meilleures performances en la matière. Pour ce faire, ils ont procédé à la comparaison des marchés du travail de plusieurs pays de l'Union afin d'identifier les dynamiques qui y sont à l'œuvre et d'évaluer les changements subis par ces marchés. Ils analysent aussi les "bonne pratiques" dans des pays comme l'Australie, le Canada et le Danemark afin de voir si l'on pourrait éventuellement en appliquer la substance plus largement dans l'Union. Voilà donc un bon support pour les étudiants en sciences économiques et pour toute personne qui, ayant un rôle de décideur en matière d'emploi, veut comprendre la relation entre flexibilité du marché de l'emploi et sécurité pour le travailleur.
(NDu)
*** DAVID NATALI: Pensions in Europe, European Pensions. The Evolution of Pension Policy at National and Supranational Level. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (voir coordonnées supra). 2008, 290 p., 31,90 €. ISBN 978-90-5201-460-9.
Fondement du modèle d'économie sociale défendu à l'échelle européenne, le régime de pension est en danger. Le vieillissement de la population pousse à une réforme constante au niveau national, tandis que l'Union européenne s'efforce de coordonner au mieux ces politiques avec les outils de soft law qui sont les siens. Si ce processus de remise en question permanente a donné beaucoup de fil à retordre aux experts en la matière, l'auteur de cet ouvrage constate néanmoins que les études réalisées jusqu'à présent ont été beaucoup trop focalisées sur une comparaison des politiques nationales. Loin de rejeter cette méthode puisqu'il retrace l'évolution des programmes de pension de neuf pays européens, l'auteur insiste sur la nécessité de la dépasser en étudiant de plus près l'interaction entre les institutions nationales et supranationales en la matière. Basé sur un projet de recherche mené par l'Observatoire social européen, ce livre considère l'établissement des systèmes de pension comme un "jeu à deux niveaux" où la Méthode ouverte de coordination mise en place par le Conseil européen de Laeken en 2001 joue un rôle bien plus important qu'il n'y paraît. En tenant compte de cela et du "welfare mix" qui voit le régime de pension s'articuler entre l'État, le marché, la communauté et la famille, David Natali offre une étude innovante qui pose avec originalité les questions de la convergence, du rôle de l'Union et des évolutions passées et à venir du régime de pension européen.
(TBa)
*** STELLA AVALLONE, BIANCA VALOTA-CAVALLOTTI (sous la dir. de): The Role of Women in Central Europe after EU Enlargement. Challenges of Gender Equality Policy in a Wider Europe. Peter Lang (1 Moosstrasse, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Marie Jahoda sozialwissenschaftliche Studien", n° 1. 2009, 271 p., €. ISBN 978-3-631-56953-5.
Actes d'une conférence organisée en 2006 par le Forum culturel autrichien de Milan en collaboration avec l'Université d'État de la capitale lombarde et, en particulier, son Centre pour les études est-européennes, cet ouvrage s'intéresse à la problématique de l'égalité entre les femmes et les hommes telle qu'elle se manifeste dans la portion orientale de l'Union. Historiquement, les femmes de ces pays ont été, sur ce plan, plutôt bien loties par rapport à leurs sœurs d'Europe occidentale, même si les régimes communistes ont détourné ce statut en l'étendant à une absurde égalité physique. Paradoxalement, après la chute du rideau de fer, les femmes furent, ainsi que l'explique Sonja Lokar, "transformées en une nuit, après les premières élections libres, en plus grand groupe de perdants de la transition", faute d'accès aux organes dirigeants des partis politiques. Il leur fallut attendre 2000 et les préparatifs à l'adhésion de leurs pays à l'Union européenne pour qu'elles puissent reprendre le combat. C'est cette histoire qui est décortiquée dans ces pages, tout à la fois sous les angles historique, culturel, économique et de la politique étrangère. Les conclusions qui sont tirées ne valent pas que pour la "nouvelle" Europe.
(PBo)
*** FRANÇOISE THEBAUD, GENEVIÈVE DERMENJIAN (sous la dir. de): Quand les femmes témoignent. Histoire orale, histoire des femmes, mémoire des femmes. Editions Publisud (15 rue des Cinq-Diamants, F-75013 Paris. Tél.: (33-1) 45807850 - fax: 45899415 - Courriel: publisud.editions@cegetel.net - Internet: http://www.editionspubisud.hautetfort.com ). Collection "L'Europe au fil des siècles". 2009, 242 p.. ISBN 978-2-86600-562-3.
L'histoire orale reste peu prisée dans l'historiographie française, mais certaines historiennes s'en veulent les chantres. En témoigne cet ouvrage qui, prolongement d'un colloque tenu à l'Université d'Avignon, explore en trois points les articulations présentes et passées entre histoire orale, histoire des femmes et mémoire des femmes. Le premier point voit les auteurs, toutes des Européennes issues du monde académique, offrir des synthèses historiographiques et méthodologiques. Le deuxième les voit examiner, à travers des études de cas, les apports de l'histoire orale en histoire des femmes et du genre. Le troisième les voit interroger les enjeux de subjectivité et de mémoire inscrits au cœur de la pratique de l'enquête orale.
(PBo)
*** DANIEL FASQUELLE: Soins transfrontaliers: pour un droit ambitieux et clair de la mobilité des patients. Commission chargée des Affaires européennes (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection "Rapport d'information", n° 1308. 2008, 85 p., 3,50 €. ISBN 978-2-11-124992-9.
Ce Rapport d'information salue le fait que la Commission ait, avec sa proposition de directive relative aux droits des patients, repris la main à la Cour de justice, mais dénonce son manque d'ambition et avance des propositions pour l'améliorer.
(MT)