Bruxelles, 06/07/2009 (Agence Europe) - Javier Solana, qui occupe le poste de Haut représentant de l'UE pour la PESC depuis dix ans, a annoncé qu'il ne souhaite pas renouveler son mandat qui expirera le 18 octobre prochain. « Je pense que mon temps est venu (…) Je n'ai pas l'intention de continuer », a dit M. Solana dimanche 5 juillet dans le quotidien espagnol ABC. L'Espagnol, qui fêtera ses 67 ans la semaine prochaine (14 juillet), a véritablement imprégné la politique étrangère européenne et atlantique, d'abord en tant que ministre des Affaires étrangères de son pays (1992-1995), ensuite comme secrétaire général de l'OTAN (1995-1999) et enfin en tant que secrétaire général du Conseil et Haut représentant (HR) de l'Union européenne pour la PESC (depuis octobre 1999). Depuis dix ans, M. Solana est aussi le secrétaire général de l'Union de l'Europe occidentale (UEO).
Avec l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne prévue pour cet automne ou début 2010 (à condition que les Irlandais votent en faveur du nouveau traité et que les présidents polonais, tchèque et allemand finalisent la procédure de ratification de leurs pays), la fonction occupée jusqu'ici par M. Solana sera rehaussée. Ainsi, le futur « Haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité » sera en même temps vice-président de la Commission européenne. Il représentera l'UE à l'étranger et présidera les Conseils « Affaires étrangères ». Il disposera aussi d'un service diplomatique européen (« service européen d'action extérieure ») dont la structure, la composition, les compétences et le fonctionnement doivent encore être définis une fois que le Traité de Lisbonne sera en vigueur (les travaux techniques, suspendus depuis le « non » des Irlandais en juin 2008, doivent reprendre sous peu). Au cas où le deuxième référendum irlandais (très probablement le 2 octobre) était favorable au nouveau traité, la Présidence suédoise voudrait que le Conseil européen des 29/30 octobre décide déjà du successeur de M. Solana, ainsi que du premier président permanent du Conseil européen (l'autre nouveau poste créé par le Traité de Lisbonne). À ce stade, aucune candidature officielle n'a encore été enregistrée pour aucun de ces deux postes, mais plusieurs noms circulent. Ainsi, en ce qui concerne le Haut représentant, l'on parle d'Olli Rehn (l'actuel commissaire à l'Élargissement qui est personnellement intéressé et qui aurait le soutien du gouvernement finlandais et de la famille libérale européenne), de Carl Bildt (même si l'actuel ministre suédois des Affaires étrangères affirme qu'il n'est « pas intéressé »), de Dora Bakoyannis (la ministre grecque des Affaires étrangères n'a jamais caché ses ambitions d'accéder à une haute fonction internationale), de Joschka Fischer (ancien ministre allemand des Affaires étrangères dont le parti, les Verts, ne sont cependant plus au gouvernement allemand), de Franco Frattini, de Michel Barnier et même de l'ancien secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer. Quant au président permanent du Conseil européen, les noms de Jean-Claude Juncker et de Tony Blair se distinguent toujours. Certains tentent aussi de lancer une candidature de Felipe Gonzalez. Le HR sera désigné par le Conseil européen statuant à la majorité qualifiée, avec l'accord du président de la Commission. Le président permanent du Conseil européen est élu par les chefs d'État et de gouvernement à la majorité qualifiée pour une durée de deux ans et demi, renouvelable une fois. (H.B.)