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Bulletin Quotidien Europe N° 9936
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/g8

Du sommet du G8 de l'Aquila l'UE attend notamment de nouveaux engagements en matière de climat et de sécurité alimentaire

Bruxelles, 06/07/2009 (Agence Europe) - « Protéger l'avenir de nos enfants en leur laissant un monde plus prospère, plus équitable et plus vert », c'est, selon José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, l'enjeu du sommet des dirigeants du G8 qui se tiendra du mercredi 8 au vendredi 10 juillet à L'Aquila (Italie), sous la présidence de Silvio Berlusconi. Économie mondiale, changement climatique et sécurité énergétique, sécurité alimentaire, Afrique et développement seront au menu de ce rendez-vous annuel informel qui, au-delà du traditionnel format du G8 au sens strict, rassemblera au total une trentaine de pays dans des sessions à géométrie variable. Responsabilité à l'égard de la planète et solidarité envers les plus pauvres se reflètent dans cet agenda et devront être les maîtres mots des travaux, estime M. Barroso. Il l'a souligné, lundi 6 juillet à Bruxelles, en présentant à la presse les principales attentes de l'UE pour ce « sommet mondial » qui doit formuler des réponses durables aux défis mondiaux. Lui-même et le Premier ministre suédois Frederik Reinfeld, président du Conseil européen, y participeront. « Cette année, le sommet du G8 se déroule dans un contexte particulièrement difficile. L'Europe a joué un rôle de premier plan dans l'action menée pour affronter des défis tels que la supervision des marchés financiers, l'élaboration de politiques durables en matière climatique et le commerce international. Ce sommet est l'occasion de prendre de nouveaux engagements. Nous devons mettre rapidement en œuvre la réforme du système financier mondial. Nous devons prendre des mesures décisives contre le changement climatique. Et nous devons réaffirmer et respecter nos engagements à l'égard des pays les plus pauvres », a déclaré José Manuel Barroso.

Changement climatique. À 153 jours de la conférence onusienne de Copenhague où doit être conclu en décembre (COP 15, 7- 18 décembre) un accord climatique mondial ambitieux sur l'après- 2012, « le temps presse ». Aussi M. Barroso compte-t-il « mettre la pression » tant au sein du G8 qu'au sein du G8 élargi aux économies majeures. Il entend insister sur le respect de l'objectif, dicté par la science, d'une limitation de la hausse de la température moyenne à 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, et réitérer l'objectif à long terme d'une réduction d'au moins 50% des émissions mondiales de gaz à effet de serre à l'horizon 2050, ce qui exigera des pays développés une réduction d'au moins 80% à cette échéance - un objectif qui devra s'appuyer sur « des réductions solides et comparables à moyen terme ». Il est clair que les pays industrialisés devront donner l'exemple, à l'instar de l'UE qui a mis sur la table « la proposition la plus ambitieuse » et « continuera à jouer son rôle de chef de file ». Mais la Commission insistera aussi pour que les économies émergentes, dont les émissions explosent, participent aussi à l'effort collectif, étant entendu que tous les pays devront apporter leur contribution « sur la base de responsabilités communes mais différenciées, et des capacités respectives ». Le financement de la lutte contre le changement climatique étant « une partie importante de la solution », l'UE présentera ses propositions en temps utile, a assuré M. Barroso. À un journaliste qui lui demandait s'il tenterait de convaincre les États-Unis de s'engager sur un objectif de réduction à l'horizon 2020 comparable à celui de l'UE, M. Barroso a répondu: « Le sujet le plus important, c'est d'avoir des objectifs contraignants pour les pays développés, sinon nous ne pourrons pas convaincre les pays émergents ». Et de se féliciter du « changement fondamental » opéré dans la position des États-Unis via le vote de la Chambre des Représentants sur le projet de Loi (« The American Clean Energy and Security Act of 2009 ») qui « accepte la limite de 2 degrés Celcius. Obama a fait explicitement référence à cet objectif », a-t-il souligné, sans mentionner l'objectif de réduction américain à l'horizon 2020 (-17% par rapport à 2005, soit -4% par rapport à 1990, quand l'UE s'est engagée sur -20% par rapport à 1990 et vise -30% pour tous les pays industrialisés).

Sécurité alimentaire. M. Barroso espère une déclaration conjointe qui, au-delà de l'engagement de 10 milliards de dollars pris l'an dernier au G8 de Toyako, établisse un agenda pour les années à venir au niveau global. « Je suis heureux que les dirigeants mondiaux suivent l'approche que j'ai défendue l'an dernier - celle de passer de l'aide alimentaire d'urgence à la sécurité alimentaire pour aider les agriculteurs à long terme », a-t-il déclaré en rappelant avec satisfaction le succès de la Facilité alimentaire de l'UE dotée de 1 milliard d'euros auxquels s'ajoutent 4 milliards déjà dépensés et 6 milliards engagés en aide alimentaire et en aide à la production agricole. Il convient également que tous les dirigeants du G8 honorent leurs promesses d'aide au développement faites à Gleneagles en 2005, a reconnu M. Barroso.

La réunion du G8 proprement dit (États-Unis, Canada, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Japon et Russie) n'occupera que la première journée et se concentrera sur l'économie mondiale et divers défis mondiaux. Le 9 juillet, le G8+ G5 (Brésil, Chine, Inde, Mexique, Afrique du Sud) + l'Égypte discuteront des questions internationales et du développement. Suivra une réunion de jeunes représentants des pays du G8 (Junior 8) et du Forum des principales économies (Indonésie, Mexique, République de Corée et Afrique du Sud) consacré au commerce et au changement climatique. Le 10 juillet, un petit déjeuner de travail sur l'impact de la crise sur les pays en développement réunira les dirigeants du G8 et des dirigeants africains (Algérie, Nigéria, Sénégal, Égypte, Afrique du Sud, Éthiopie, Lybie -en tant que présidente en exercice de l'Union africaine-, Angola). Le G8 de L'Aquila s'achèvera sur une séance de travail sur la sécurité alimentaire ouverte à tous les participants. (A.N.)

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