Bruxelles, 06/07/2009 (Agence Europe) - Réagissant au document de la Commission européenne sur les possibilités de pêche pour 2010, Europêche (Association des organisations nationales d'entreprises de pêche de l'UE) et la section « pêche » de la COGECA (Confédération générale des coopératives agricoles de l'UE) soulignent notamment que la crise économique a une incidence « considérable » sur le marché et estiment que la référence au respect du « rendement maximal durable » est « excessive » car il s'agit d'un objectif à atteindre en 2015 et non en 2010.
La Commission dépeint de façon pessimiste et négative l'état des ressources, « ce qui nuit à l'image du secteur et sème la confusion dans l'opinion publique », regrettent Europêche et la COGECA. Elles demandent de pouvoir être admis comme observateurs aux réunions du CSTEP (comité scientifique, technique et économique de la pêche), une collaboration et un dialogue plus étroits devant s'instaurer entre pêcheurs et scientifiques.
La Commission se montre aussi pessimiste au sujet des performances économiques du secteur de la pêche dont la situation continue de se dégrader pour différentes raisons. À cet égard, Europêche et la COGECA soulignent que « paradoxalement », les volumes produits en Europe baissent, la demande stagne généralement, et malgré tout, les prix à la première vente stagnent ou diminuent. La Commission est invitée à rechercher des solutions immédiates à ce problème dans le cadre de l'OCM (organisation commune de marché). Les professionnels déplorent le report de la réforme de l'OCM tant attendue par le secteur, alors que celle sur le renforcement des contrôles est « précipitée ».
Europêche et la COGECA se disent favorables à une « réduction maximale et progressive des rejets, pêcherie par pêcherie, au travers de projets pilotes impliquant le secteur ». Ces organisations s'inquiètent de l'intention d'interdire de façon générale l'écrémage. Une telle volonté est jugée prématurée à ce stade, compte tenu des nombreuses implications qu'elle comporte (logistique au port pour accepter tout le poisson débarqué par exemple).
S'agissant du nouveau système de gestion de l'effort reposant sur des plafonds exprimés en KW-jours qui conduit à geler l'évolution de la flotte, Europêche et la COGECA regrettent qu'il ne prenne pas en considération la possibilité d'effectuer un changement vers l'utilisation d'engins de pêche plus sélectifs et moins consommateurs d'énergie. Telle qu'elle est rédigée, l'annexe II du règlement sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas va à l'encontre d'un tel développement. Enfin, sur les règles applicables aux TAC et quotas, Europêche et la COGECA partagent le souci de la Commission d'appliquer différentes règles selon le niveau de risque de chaque stock. En créant une certaine automaticité du choix des décisions, la Commission réduit néanmoins la possibilité de faire participer plus étroitement le secteur aux décisions de gestion. (L.C.)