Les investissements étrangers restent en baisse dans les pays développés en 2014. - Les entrées d'investissement direct étranger (IDE) dans les pays développés se sont essoufflées pour la troisième année consécutive, enregistrant une baisse de 28% à 499 milliards de dollars, soit leur niveau le plus bas depuis 2004, selon le Rapport sur l'investissement dans le monde 2015 de la CNUCED. Dans le même temps, les sorties d'IDE des pays développés sont restées stables à 823 milliards de dollars. Dans les pays en transition (Europe du Sud-Est), l'IDE a diminué de plus de moitié l'an dernier. 1) Pays développés. - Europe. Les entrées d'IDE en Europe ont baissé de 11% pour atteindre 289 milliards de dollars, poursuivant une tendance à la baisse qui persiste depuis 2012. En 2014, elles ont diminué dans 18 pays européens, y compris en Belgique, en France et en Irlande, qui avaient attiré des investissements considérables en 2013. Par contre, certains des pays européens qui ont enregistré les plus fortes hausses en 2014 étaient ceux qui avaient enregistré des flux d'entrée nets négatifs en 2013, tels que la Finlande et la Suisse. Les entrées d'IDE au Royaume-Uni ont bondi à 72 milliards de dollars en 2014, ce pays demeurant ainsi le premier récepteur de l'investissement direct étranger en Europe. Les sorties d'IDE des pays européens sont restées pratiquement inchangées à 316 milliards de dollars. Les sorties d'IDE de l'Allemagne ont pratiquement triplé, faisant de ce pays le premier investisseur direct d'Europe en 2014. La France a aussi augmenté fortement ses investissements à l'étranger, qui ont atteint 43 milliards de dollars. Par contre, les autres principaux pays investisseurs d'Europe ont vu leurs investissements à l'étranger dégringoler; ceux des Pays-Bas (pays européen qui a le plus investi en 2013) ont baissé de 28% et ceux du Luxembourg (deuxième investisseur en 2013) sont devenus négatifs. Les désinvestissements et les retraits de fonds de l'étranger réalisés par les entreprises multinationales britanniques ont continué d'être supérieurs aux nouveaux investissements, d'où un nouveau solde négatif de 60 milliards de dollars. - Amérique du Nord. Les entrées d'IDE en Amérique du Nord ont diminué de moitié pour atteindre 146 milliards de dollars, en baisse aussi bien au Canada qu'aux États-Unis. La part mondiale de l'Amérique du Nord est tombée à 12% (contre 21% en 2013). Malgré cette baisse, les États-Unis demeurent le premier récepteur de l'IDE dans les pays développés. Les sorties d'IDE du Canada et des États-Unis, qui étaient déjà en hausse en 2013, ont augmenté pour atteindre 390 milliards de dollars, bien qu'elles soient encore inférieures au montant enregistré en 2011. - Asie-Pacifique. Dans la région, les entrées d'IDE en Australie et au Japon se sont contractées, tandis qu'elles ont enregistré une reprise en Nouvelle-Zélande. Les sorties d'IDE du Japon ont baissé de 16% après avoir progressé pendant trois années consécutives. 2) Pays en transition. - Europe du Sud-Est. Les entrées d'investissement direct étranger (IDE) en Europe du Sud-Est, dans la Communauté d'États indépendants (CEI) et en Géorgie (qui composent le groupe des « pays en transition ») ont diminué de plus de moitié pour atteindre 48 milliards de dollars en 2014. Les risques géopolitiques et les conflits régionaux ont fortement pesé sur les flux d'IDE dans les économies en transition de la CEI. La Fédération de Russie, premier récepteur de l'IDE dans la région, a vu ses entrées chuter de 70% à 21 milliards de dollars. En 2014, les entrées d'IDE ont diminué de 6% au Kazakhstan alors qu'elles ont pratiquement doublé en Azerbaïdjan, atteignant 4,4 milliards de dollars. Les entrées d'IDE en Europe du Sud-Est sont restées stables à 4,7 milliards de dollars. La Serbie et l'Albanie, pays candidats à l'adhésion à l'UE, sont demeurées les premiers récepteurs de l'IDE dans la sous-région avec deux milliards et un milliard de dollars respectivement. En 2014, la Chine est devenue le cinquième investisseur étranger direct en Russie, gagnant 13 places depuis 2007. Les sorties d'IDE des pays en transition ont chuté de 31% pour atteindre 63 milliards de dollars. Les sanctions frappant la Russie, conjuguées à la faible activité économique et à d'autres facteurs, ont commencé à se répercuter sur les entrées et les sorties d'IDE au deuxième semestre 2014. (Isabelle Lamberty)