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Bulletin Quotidien Europe N° 11354
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) grÈce

Athènes demande un troisième plan d'aide sur trois ans

Bruxelles, 08/07/2015 (Agence Europe) - La Grèce a transmis, mercredi matin, sa demande officielle pour un troisième plan d'assistance financière, cette fois-ci auprès du Mécanisme européen de stabilité (MES). Le président du conseil des gouverneurs du MES a par ailleurs annoncé avoir demandé à la Commission, en liaison avec la BCE, d'évaluer les besoins en financement de la Grèce, les risques pour la stabilité financière de la zone euro, et, cette fois avec le FMI, la viabilité de la dette grecque.

La Grèce demande une aide sur trois ans qui lui permettra d'honorer le service de sa dette et assurer la stabilité du système financier grec. Dans une lettre envoyée fin juin demandant une première fois un troisième plan d'aide, la Grèce demandait un plan sur deux ans en estimant ses besoins pour le seul service de sa dette à 29,1 milliards d'euros. Le FMI a quant à lui estimé récemment à 52 milliards d'euros les besoins grecs entre octobre de cette année et décembre 2018. Comme le soulignait récemment le Financial Times, cette estimation se basait sur le fait que la Grèce aurait ses besoins couverts jusqu'octobre par le biais de 16,3 milliards d'euros d'aide de la zone euro qui ont disparu avec l'expiration du 2ème plan d'aide. Le programme du FMI court, quant à lui, jusqu'au 1er trimestre 2016. Il devrait y rester la tranche de 3,5 milliards d'euros de 2014 ainsi que 8,6 milliards prévus pour 2015 et 3,1 milliards en 2016. Le FMI ne peut toutefois plus procéder à des versements tant que la Grèce ne rembourse pas ses arriérés.

En gage de sa bonne volonté, le gouvernement grec s'engage à mettre en oeuvre dès la semaine prochaine les mesures liées à la réforme fiscale et les mesures liées aux pensions. Dans sa précédente demande, la Grèce demandait que la réforme des pensions ne débute qu'en octobre. La lettre dit également que sera bienvenue l'opportunité d'explorer de potentielles mesures pour que la dette grecque détenue par le secteur institutionnel soit viable sur le long terme. La Grèce y réitère par ailleurs son engagement à rester membre de l'eurozone et à en respecter les règles.

La Commission européenne a, par ailleurs, répété que la date butoir pour envoyer des propositions détaillées de réformes était jeudi à minuit. Une évaluation de ces mesures par les institutions devrait pouvoir commencer vendredi matin. La Commission n'a par ailleurs pas voulu détailler le 'plan pour un Grexit' évoqué la veille par son président, Jean-Claude Juncker. Le matin même, dans une interview à la BBC, le commissaire aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, a répété que lorsqu'il y avait la volonté, il y avait un chemin pour trouver un compromis. « Et je vois qu'il y a la volonté », a-t-il déclaré. Le même jour, dans une interview à Bloomberg, il a estimé que l'UE devait avoir une aide humanitaire « quoi qu'il arrive ». (Elodie Lamer)

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